Débat présidentiel : duel au sommet dès 21h

Publié le - Mis à jour le 29/09/2012 à 02:35

MARTIN LEPRINCE > france.monde@nordeclair.fr

| CAMPAGNE |

François Hollande et Nicolas Sarkozy s'affrontent ce soir devant les caméras. Un rendez-vous majeur de l'électionprésidentielle, bien au-dessus de leurs précédentes confrontations.

Les moindres dtails ont t abords pour que les deux adversaires n'apparaissent pas  l'cran dans une posture peu avantageuse. Photo AFP
Les moindres dtails ont t abords pour que les deux adversaires n'apparaissent pas l'cran dans une posture peu avantageuse. Photo AFP

Le jour de l'affrontement direct est arrivé. Ce soir, Nicolas Sarkozy et François Hollande se retrouveront face à face pour le traditionnel rendez-vous de l'entre-deux-tours. Ce débat d'une durée de deux heures et demie, coproduit par TF1 et France 2, sera animé par Laurence Ferrari et David Pujadas. Il sera également retransmis sur certaines radios et chaînes d'information continue.
Comme de coutume, plusieurs réunions ont été organisées au CSA avec des représentants des équipes des deux candidats : Franck Louvrier (conseiller en communication) et Guillaume Lambert (directeur de campagne) pour Nicolas Sarkozy ; Manuel Valls (directeur de communication) et Daniel Vaillant (mandataire du candidat) pour François Hollande. Les moindres détails ont été abordés pour définir une « charte de réalisation » dont l'objectif est d'éviter aux deux adversaires d'apparaître à l'écran dans une posture peu avantageuse. Chacun des candidats bénéficiera d'un « réalisateur adjoint » qui se trouvera en studio et qui indiquera aux responsables techniques de l'émission les moments où son champion devra apparaître en plan serré ou en plan large, en sélectionnant les images captées par la vingtaine de caméras. Une méthode qui avait permis, en 2007, d'éviter que la montre de Nicolas Sarkozy, jugée « trop grosse », soit excessivement visible à l'écran.


Du côté du staff de Nicolas Sarkozy, on affirme que le Président n'a nullement besoin de « séances de préparation ». Finies, donc, les réunions de la campagne de 2007 où Xavier Bertrand imitait Ségolène Royal avec une petite voix aiguë pour porter la contradiction au futur vainqueur.
François Hollande, en tant que favori, subit-il davantage la pression ? Du côté de l'Élysée, on veut le croire. Le candidat socialiste s'en est pourtant très bien sorti lors des différents débats auxquels il a participé depuis le début de la campagne, notamment face à Alain Juppé en janvier.

Une dimension unique

Trahissant la tradition, Nicolas Sarkozy avait proposé, le soir du premier tour, l'organisation de trois débats avant le 6 mai. Arrivé en deuxième position et promis à une cuisante défaite selon les sondages, le président sortant voyait là une opportunité de rattraper son retard face à un adversaire qu'il juge peu crédible sur les thèmes économiques et mal à l'aise face aux questions de sécurité ou d'immigration. François Hollande a refusé tout débat supplémentaire, ironisant sur la volonté du chef de l'État de bouleverser les habitudes républicaines.


Nicolas Sarkozy et François Hollande se sont déjà affrontés à plusieurs reprises en face-à-face dans les médias : deux fois à l'occasion des élections régionales de 1998, une fois en mai 1999 pour la campagne des européennes et une fois en mai 2005 à l'occasion du référendum sur le traité européen. Lors de la rencontre de 1999, tous deux étaient dans la position d'un « chef de parti » sous contrôle. François Hollande avait été placé à la tête du PS lorsque Lionel Jospin accédait à Matignon ; Nicolas Sarkozy assurait par intérim la présidence du RPR après le départ surprise de Philippe Séguin. Le maire de Neuilly avait attaqué son opposant sur la fiscalité, accusant la gauche de « taxer tout ce qui bouge » ; François Hollande avait dénoncé la volonté de son adversaire d'imposer une logique « libérale » qui privilégiait les « riches ». Ces confrontations ont été observées à la loupe par les équipes des candidats. Même si le débat de ce soir, de par son enjeu, possède une dimension unique, bien éloignée des joutes verbales précédentes.


Ce débat présidentiel, qui avait réuni vingt millions de téléspectateurs en 2007, a-t-il la capacité de renverser la tendance ? Jusqu'à aujourd'hui, cela n'a jamais été le cas. Certes, à chacun des débats - à l'exception de celui de 1995 entre Jacques Chirac et Lionel Jospin qui fut relativement équilibré -, le vainqueur du scrutin avait pleinement dominé son adversaire. Mais il était déjà largement en position de favori en abordant le second tour. L'histoire se répétera-t-elle encore une fois ?

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