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Beyrouth: un chef des renseignements au Liban tué dans l'attentat

Publié le 19/10/2012 - Mis à jour le 19/10/2012 à 18:21

Par BEYROUTH (AFP)© 2012 AFP

Photo AFP
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Le chef des renseignements des Forces de sécurité intérieure (FSI) au Liban, Wissam al-Hassan, a été tué dans l'attentat qui a secoué vendredi Beyrouth et qui a fait au moins trois morts.

Le général Hassan, un musulman sunnite, est un proche de Saad Hariri, chef de l'opposition libanaise hostile au régime de Damas, et était pressenti pour prendre la tête des FSI à la fin de l'année.

Les renseignements des FSI avaient joué un rôle premier dans l'arrestation le 9 août, de l'ex-ministre libanais Michel Samaha, un partisan du régime syrien, dans le cadre d'une affaire d'explosifs saisis qui devaient être notamment placés dans le nord du Liban.

Un leader de l'opposition, Samir Geagea, a affirmé à la presse que le général se "déplaçait avec des mesures de sécurité exceptionnelles".

"Il avait installé sa femme et ses enfants à Paris car il se savait visé", a-t-il ajouté.

Les renseignements des FSI ont joué un grand rôle dans la recherche des responsables des attentats et assassinats qui ont visé des personnalités politiques entre 2005 et 2008 et pour lesquels Damas été pointé du doigt, notamment celui en 2005 de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri, père de Saad.

Au moins trois personnes ont été tuées et 78 autres blessées dans cet attentat à la voiture piégée qui a secoué Beyrouth, ravivant l'inquiétude d'un débordement du conflit syrien, qui divise les Libanais.

La puissante explosion, la première du genre dans la région de Beyrouth depuis 2008, fait craindre une reprise des attentats et des assassinats qui avaient frappé le Liban entre 2005 et 2008, et qui avaient visé des personnalités libanaises hostiles à Damas, ancienne puissance de tutelle.

La Syrie, plongée depuis 19 mois dans un conflit sanglant et qui a été souvent pointée du doigt dans ces assassinats, a immédiatement réagi en condamnant un attentat "lâche" et "terroriste".

L'explosion, qui s'est produite dans le quartier chrétien d'Achrafieh, dans le secteur est de la capitale, a fait trois morts et près d'une centaine de blessés, a affirmé le ministre de la Santé Ali Hassan Khalil, démentant un bilan précédent de la Défense civile faisant état de huit tués.

"Nous avons entendu une puissante explosion. Nous avons senti le sol trembler sous nos pieds", a expliqué Roland, 19 ans, alors que des passants étaient pris de panique au milieu des carcasses de voitures calcinées et des débris d'immeubles.

Près de la place Sassine, des parents des employés de la Banque européenne du Moyen-Orient (BEMO), dont les vitres ont été soufflées, tentaient d'avoir des nouvelles de leurs enfants. Non loin, une jeune femme de 25 ans sous le choc s'écriait "maman, maman", en recherchant sa mère dans les décombres.

Pour beaucoup de rescapés, l'attentat ramène à l'esprit les années noires de la guerre civile (1975-1990).

"Ca me ramène 30 ans à l'arrière, à l'époque des attentats piégés", affirmait un médecin à l'hôpital Hôtel-Dieu.

"Cela me rappelle les attentats durant la guerre civile et durant la période post-guerre", déplorait également une infirmière, Rahmé, venue secourir les blessés.

"Attentat politique"

La classe politique, divisée entre partisans et adversaires du régime syrien, ont condamné à l'unanimité l'attentat, tout en évitant de formuler des accusations.

"Le régime syrien n'est pas étranger à ce genre d'explosions, c'est un attentat politique par excellence", a toutefois indiqué le député Nadim Gemayel, membre de l'opposition libanaise hostile à Damas.

Selon l'Agence nationale d'information (ANI), l'explosion s'est produite à une heure de pointe (12H00 GMT), à 200 mètres d'un bureau des Kataëb (Phalanges), parti chrétien de l'opposition libanaise.

Un photographe de l'AFP a vu deux immeubles dévastés. Un immeuble était en feu et les volontaires de la Croix-Rouge faisaient sortir des blessés, le visage ou le corps ensanglanté. Des passants sous le choc étaient en pleurs.

Des balcons étaient à moitié effondrés. Dans les rues, des carcasses de voitures calcinées étaient visibles et des vitres brisées jonchaient le sol.

Des pompiers et des membres de la défense civile entraient dans les immeubles à la recherche des victimes.

Le dernier attentat dans la région de Beyrouth remontait à janvier 2008, lorsqu'un officier des renseignements libanais, le capitaine Wissam Eid, avait été assassiné dans une attaque à la voiture piégée.

Cet attentat survient alors que la guerre fait rage entre les rebelles et les troupes du régime de Bachar al-Assad en Syrie voisine, autrefois puissance de tutelle au Liban.

"Ces attentats terroristes sont injustifiables où qu'ils se passent", a réagi le ministre syrien de l'Information, interrogé par la télévision officielle.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'était déclaré "très inquiet de l'impact de la crise syrienne sur le Liban", dans un rapport au Conseil de sécurité rendu public jeudi, soulignant l'aggravation des tensions à la frontière et la poursuite d'un "trafic d'armes dans les deux sens".

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