Barack Obama met fin aux expulsions de jeunes sans papiers

Publié le - Mis à jour le 29/09/2012 à 06:47

WASHINGTON (AFP)© 2012 AFP

Le président des Etats-Unis Barack Obama a annoncé vendredi la fin des expulsions, sur la base de critères précis, de jeunes immigrés dépourvus de papiers, au ravissement des électeurs hispaniques, formidable réservoir de voix, à cinq mois de la présidentielle.

La mesure concerne "des jeunes gens qui étudient dans nos écoles, qui jouent dans nos quartiers (...). Ce sont des Américains de coeur, d'esprit, et de nombreuses façons, sauf sur le papier", a lancé Barack Obama lors d'une allocution dans la roseraie de la Maison Blanche.

Fait rarissime, le président a été interrompu à plusieurs reprises pendant son discours par un journaliste qui a accusé le président de porter préjudice par cette mesure aux jeunes Américains en recherche d'emploi.

"Je ne voulais pas d'altercation. Je ne fais que répondre à votre question", a rétorqué Barack Obama, manifestement excédé.

La mesure s'applique aux mineurs arrivés sur le territoire américain avant l'âge de 16 ans, qui sont actuellement âgés de moins de trente ans, scolarisés ou ayant obtenu leur baccalauréat et n'ayant aucun antécédent judiciaire.

"Ca n'est ni une amnistie, ni une mesure d'immunité (...) c'est la chose la plus censée à faire", a dit le président américain.

Même si les jeunes concernés pourront obtenir un permis de travail, ils ne recevront ni visa permanent ni citoyenneté américaine, car de tels changements nécessitent l'approbation du Congrès. Et cette mesure ne constitue pas une solution à long terme pour les clandestins, selon des responsables américains, car elle permettra uniquement le report de deux ans de la procédure d'expulsion, qui pourrait être étendu à deux ans de plus.

"Je ne saurais être plus fier de notre président"

Quelque 11,5 millions d'immigrés sans papiers vivent aux Etats-Unis et la question de leur régularisation provoque de fortes divisions politiques. La plupart d'entre eux sont originaires du Mexique et d'Amérique centrale. De même, les Américains d'origine hispanique, première minorité aux Etats-Unis, constituent une manne électorale, qui avait très largement voté pour M. Obama en 2008.

Le candidat républicain Mitt Romney, qui cherche lui aussi à séduire l'électorat hispanique, a d'ailleurs été prudent dans sa critique du décret présidentiel.

"Je pense que le statut des jeunes gens qui sont venus ici (avec leurs parents) est un sujet qui mérite d'être étudié et qui doit trouver une solution à long terme pour leur permettre de savoir quel sera leur avenir dans notre pays", a-t-il déclaré devant la presse.

"Je pense que la mesure que le président a prise aujourd'hui éloigne cette solution à long terme", a-t-il dit.

A l'image du maire de Los Angeles, Antonio Villaraigosa, d'origine mexicaine, les figures de la communauté hispanique se sont en revanche réjouies de l'annonce du président. "Je ne saurais être plus fier de notre président", a jubilé M. Villaraigosa sur CNN.

"Nous savions que vous en étiez capable, Monsieur le président", a réagi Angelica Salas, responsable d'une association de défense des immigrés de Los Angeles.

La Conférence des évêques catholiques a jugé que cette décision "apporte la protection de la loi et des autorisations de travail à des immigrés vulnérables qui méritent de rester dans notre pays et l'enrichissent de leurs talents".

A l'inverse, l'opposition républicaine était vent debout.

"Les Américains devraient être outrés de savoir que le président compte outrepasser l'autorité conférée par la Constitution au Congrès des Etats-Unis, en amnistiant par décret un million d'étrangers en situation irrégulière", a tonné le représentant républicain Steve King.

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