Faits Divers - Justice

Les liaisons dangereuses

Publié le 06/10/2012 - Mis à jour le 06/10/2012 à 05:33

Par Nord Eclair

| ROUBAIX |
Les liaisons dangereuses
Les liaisons dangereuses
Erwann Gouget, l'évadé de la gendarmerie de Lille, a été condamné hier à un an de prison supplémentaire (lire en page 7). Mais comment juger ses complices ?
DIDIER SPECQ > didier.specq@nordeclair
Hier, le président Matthieu Duclos affrontait deux problèmes. Un simple en ce qui concerne Erwann Gouget, déjà condamné pour viol et mis en cause pour d'autres viols (qu'il nie) peu après sa libération conditionnelle au printemps dernier (lire en page 7). Ses deux complices, poursuivis pour « recel de malfaiteur », présentent paradoxalement un cas plus complexe.
D'abord Aguibou Kourama, un Villeneuvois de 23 ans. Il dit avoir rencontré par hasard le fuyard à Villeneuve d'Ascq. Les deux hommes se connaissent : ils ont purgé ensemble leurs années de prison pour viols. Mais Kourama, qui risque gros car il a un sursis avec mise à l'épreuve au-dessus de la tête, affirme qu'il ignorait tout des motifs d'évasion de son collègue : « Il m'a dit qu'il était recherché, je n'ai pas cherché à en savoir plus. »
Statut de repenti
Me Quentin Lebas : « Madame la procureure affirme que ce sont des faits extrêmement graves. Mais mon client est simplement venu en aide à un collègue qui sortait sans un sou du métro ! Il l'a accompagné à Roubaix, il l'a mis pour une nuit chez sa grand-mère, il lui a donné un peu à manger et, quand les gendarmes sont arrivés, Erwann Gouget ponçait une porte pour aider à de menus travaux. Tout ça montre bien que tout était improvisé et pas ressenti comme grave par mon client. » Mais un sursis de deux ans tombe et s'ajoute aux huit mois de prison de la peine principale.
Sophie L., 22 ans, a été appelée à l'aide par l'évadé. Elle est venue le chercher dans sa C3 rouge et a embarqué prestement les deux hommes planqués dans des buissons. Si la petite amie avait vécu ne serait-ce que sept jours avec Gouget, on ne pouvait rien lui reprocher : une concubine n'a pas à dénoncer son ami évadé, c'est la loi qui l'admet ! Mais elle n'a jamais partagé sa vie. Me Benssoussan tente le statut de repentie, autorisé éventuellement par la loi, puisque la jeune femme a guidé les enquêteurs vers la maison de Roubaix. Trois mois de sursis sont tombés quand même.w
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