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Vincent Ledoux dans le sillage de Borloo

Publié le 20/10/2012 - Mis à jour le 20/10/2012 à 05:34

Par Nord Eclair

Être maire ne me donne pas carte blanche sur tout mais je suis là pour trancher. Gouverner, c'est choisir.
Être maire ne me donne pas carte blanche sur tout mais je suis là pour trancher. Gouverner, c'est choisir.

Un débit de mitraillette et des idées bien affirmées. Vincent Ledoux, le jeune maire de Roncq, appartient à cette nouvelle génération d'élus qui ont émergé ces dernières années. Longtemps sans étiquette politique, il vient de rejoindre l'Union des démocrates et indépendants de Jean-Louis Borloo qui tient son premier meeting public à Paris demain. Séduit par le personnage, sa méthode et ce qu'il appelle « son logiciel ». Il explique ici pourquoi.
PROPOS RECUEILLIS PAR FLORENCE TRAULLÉ ET SIMON CASTEL, PHOTOS HUBERT VAN MAELE > region@nordeclair.fr

Nom, prénom, âge et profession... comme on dit ?
 >> Vincent Ledoux, j'ai 45 ans. Mon père a travaillé dans les HLM, avec Jean-Pierre Balduyck notamment. Ma mère était commerçante dans le quartier du Clinquet à Tourcoing.

Vous êtes prof d'histoire de formation. Une envie qui vous est venue jeune ?
 >> Très rapidement, oui. J'aime enseigner, être en contact avec un public. J'ai eu la chance d'avoir d'excellents profs d'histoire. Après ma maîtrise sur les relations entre l'Église et le pouvoir politique, j'ai fait un DEA de Sciences Politiques, toujours à Lille. J'ai travaillé sur les courants internes au RPR.

Un intérêt pour la politique qui remonte à loin donc ?
 >> Difficile de ne pas être intéressé par la vie politique quand on est passionné par l'histoire... Je suis issu d'une famille de pensée gaulliste - du gaullisme social - et j'ai milité, jeune, pour Chirac avant de rejoindre Balladur. J'ai été président de son comité de soutien chez les jeunes. En 1993, débute véritablement l'aventure politique quand je suis élu à Roncq sur la liste de Jean-Albert Bricout dont je serai l'adjoint à la culture et à l'animation. J'avais une trentaine d'années et j'ai trouvé passionnant de me retrouver dans l'action dans une ville, très ouvrière, qui sortait de 50 ans de communisme.

Ce n'est pas forcément l'image qu'on a de Roncq...
 >> Roncq a été une ville avec ses usines textiles à la campagne mais n'a pas eu l'explosion démographique exponentielle due à cette industrialisation qu'ont connue Tourcoing, Roubaix ou Halluin. La tension y a donc toujours été moindre. Pourtant, en 1986, quand Henri Desmetre, un pharmacien très démocrate chrétien, s'est présenté aux élections, c'était très « Don Camillo et Pépone ». Les blancs contre les rouges.

En 2001, vous vous présentez contre le maire sortant qui avait remplacé Mr Bricout décédé. Pourquoi ?
 >>  Benoît Ghesquière avait remplacé Jean-Albert Bricout et on s'est opposé sur la vision qu'on avait du centre-ville de Roncq qui est une « ville-rue ». J'ai fait campagne sur un nouveau centre pour Roncq. Neuf mois de porte-à-porte. J'ai rencontré tout le monde. Et à la surprise générale, j'ai été élu.

Sans étiquette politique...
 >> Vu que j'avais été au RPR et qu'en préfecture, quand vous vous présentez, il faut forcément qu'on vous colle une étiquette, j'ai été classé DVD, divers droite. Alors que dans notre majorité municipale, il y a des gens sans étiquette, des UMP, des socialistes...

Là, vous rejoignez l'Union des démocrates et indépendants de Jean-Louis Borloo, donc une étiquette politique ?
 >> Parce que je pense que le temps est venu de sortir des vieux schémas qui déclinent et n'apportent plus que des réponses dépassées. Que propose-t-on à des gens un peu paumés dans la bipolarisation de la vie politique, encore accentuée par le fonctionnement de la Ve République et le quinquennat ? Je croyais à Balladur qui, pour moi, avait un vrai charisme. Je me retrouvais dans la façon, très claire, dont il formulait sa pensée. On savait où on allait. Après, je n'ai plus retrouvé, intellectuellement, grand-chose qui me séduise. Et tout vous pousse à vous situer. C'est difficile, hors parti.

Donc, le choix de Borloo ?
 >> L'UMP, ce n'était pas possible. Trop pensée unique. J'apprécie chez Borloo ce que j'appelle la « méthode du maire », celle qu'il a mise en oeuvre à Valenciennes : mettre tout le monde autour de la table, secouer le shaker et en sortir des solutions. Et sa méthode Grenelle, quand il a été ministre m'a bluffé.

Pourquoi ?
 >> Parce qu'il faut changer de logiciel ! Changer de logique politique. On répond encore aux problèmes d'aujourd'hui avec les vieux schémas : capitalisme contre socialisme alors qu'on vit les prémices de la troisième révolution industrielle. Moi, je ne suis qu'un « immigré numérique ». Je ne suis pas né là-dedans. Le cerveau des jeunes aujourd'hui se structure avec ce monde numérique. Les échelles espace-temps sont pulvérisées. Le numérique, ce n'est pas qu'Internet, c'est un formidable levier de développement.

Cela aura également un impact en politique ?
 >> Certainement. On reste encore sur des modes de gouvernance anciens hérités de l'ère industrielle où l'autorité est centralisée. Il faut désormais des partis s'inspirant de la théorie de l'économiste Rifkin du pouvoir latéral, nourri par les réseaux collaboratifs, et cesser de fonctionner sur les slogans creux. Accepter l'idée qu'il faut du temps pour modifier profondément les choses. Se souvenir que tout est cyclique. Que les empires, comme les organisations, meurent aussi.

Vous avez visité le Centre européen des textiles innovants la semaine dernière ?
 >> Oui, et je suis bluffé ! Nous sommes des villes textiles, riches de centaines d'années de savoir-faire et, là, on découvre un textile entièrement revisité. L'occasion d'inventer des métiers nouveaux. C'est aussi cela la troisième révolution industrielle et il faut la préparer.

Certains vous reprochent de gérer votre ville de façon autoritaire ?
 >> Oui... J'écoute en amont et, ensuite, je prends des décisions. Être maire ne me donne pas carte blanche sur tout mais je suis là pour trancher. Gouverner, c'est choisir. Aujourd'hui, l'individualisme est une plaie. C'est très net depuis le dernier mandat. Chacun est dans son pré carré. Il faut se battre tous les jours pour créer du collectif. Il est aussi de la responsabilité du citoyen de se battre, de se bouger. w

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