Le débat : équilibré

Publié le - Mis à jour le 28/09/2012 à 17:24

Nord Eclair

Le débat : équilibré
Le débat : équilibré

Le grand débat de la présidentielle était attendu. Nous aurons été plus de vingt millions à l'avoir suivi. Avec passion, tension, intérêt, ironie, parfois même avec un peu de lassitude. Mais nous avons été au rendez-vous et c'est peut-être là la première leçon que nous devons tirer de ce genre de confrontation, c'est qu'elle est essentielle à notre démocratie.
Évitons le petit jeu qui consisterait à attribuer des bons points à l'un ou l'autre candidat ou qui nous conduirait à dire qui aurait gagné ou perdu. C'est ridicule car on ne sait qu'au soir du résultat électoral qui l'a vraiment emporté. Mais observons tout de même que l'un et l'autre des finalistes ont joué leur partition au mieux de ses intérêts.
Nicolas Sarkozy devait montrer qu'il avait encore la niaque et devait tenter de rapprocher de lui quelques indécis parmi les électeurs de Marine Le Pen. Il a fait ce qu'il fallait pour y parvenir. Reste que contrairement à ce qu'il avait énoncé, et avec lui son équipe, qu'il ne ferait qu'une bouchée de Hollande, le défi n'a pas été gagné.
Le candidat du PS a joué sa partition avec la constance qu'il manifeste depuis le début de la campagne. Tout en rendant coup pour coup.
Il avait pour objet de montrer qu'il était capable d'avoir une stature présidentielle ; il a sur ce terrain marqué des points. Notamment en ne cédant rien sur des sujets épineux comme celui du vote des étrangers non communautaires aux élections municipales. En revanche a-t-il élargi sa clientèle électorale chez les bayrouistes ?, la question demeure entière.
Ce débat peut-il changer le sort du second tour ? Rien de moins sûr. Ce n'est pas que Sarkozy et Hollande n'aient pas été clairs, c'est que la multitude des chiffres et des sujets, la parole systématiquement coupée et les journalistes faisant office de marque-pages ont donné un aspect brouillon à la confrontation. Pour autant, sur le nucléaire, sur l'immigration, sur la fiscalité, sur l'Europe, des positions tranchées sont apparues au grand jour, de sorte que les citoyens pourront en fonction de l'une ou l'autre thématique faire leur choix. Mais la campagne a été très longue et il y a fort à parier que la majorité des Français s'étaient déjà fait une idée.
Reste que le dévoilement des tempéraments, l'opposition des caractères, les différences dans l'approche de la langue et par là même les convictions sont apparus de façon pertinente pendant ces deux heures.
Une question demeure après coup : fallait-il vraiment trois débats comme l'avait demandé, le 22 avril, Nicolas Sarkozy ou un seul est-il suffisant pour une meilleure compréhension des enjeux ? Malgré l'engagement complet des adversaires et l'inéluctable qualité du spectacle et après une si longue campagne, la réponse est clairement : non ! La multiplication des débats conduit les candidats à se répéter et donc à lasser. Nous attendions la confrontation d'hier, nous la souhaitions, nous n'aurions pas supporté sa répétition car elle n'aurait rien apporté de plus.w

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