Tous les Sports

Dans l'intimité d'Adil Rami

Publié le 03/03/2010 à 00h00

Adil Rami, qui honorera certainement sa première sélection sous le maillot de l'équipe de France ce soir face à l'Espagne, s'appuie sur un cocon familial uni, premier facteur de sa formidable réussite. Et tellement symbolique.

Dans l'intimité d'Adil Rami
Adil Rami, qui honorera certainement sa première sélection sous le maillot de l'équipe de France ce soir face à l'Espagne, s'appuie sur un cocon familial uni, premier facteur de sa formidable réussite. Et tellement symbolique.


GAËLLE LAURENT-DRIDI > gaelle.laurent@nordeclair.fr
Dans la famille Rami, il y a les soeurs, Feda (31 ans) et Nadia (21 ans), le frère, Samir (27 ans), et la maman, Rahmona, qui veille sur tout ce petit monde. « Maman, c'est le capitaine de l'équipe, assure Samir. Elle nous a élevés tous les quatre alors qu'elle n'avait rien. Elle s'est démenée pour nous offrir une vie simple, mais belle. » À ses côtés, Feda, l'aînée, a pris le rôle de seconde mère-poule lorsque ses parents ont divorcé il y a une dizaine d'années. Et puis le tableau ne serait pas complet sans la grand-mère maternelle, décédée mais tellement présente dans leur vie. « Elle a un rôle très important, surtout pour Adil », confie Samir. Les index levés le ciel, quand Adil marque un but, c'est pour elle, bien sûr.


Le jardinier de Fréjus...

Unie, la fratrie veille aujourd'hui au bien-être d'Adil, troisième du nom, et s'est donné comme ligne directrice le maintien du cocon familial.
« J'ai pris un peu le rôle du père, forcément, sourit Feda. Adil me reproche parfois, sourire aux lèvres, de l'avoir "embêté" pour qu'il me récite ses leçons. Mais il sait que ce n'était que pour son bien, je voulais juste qu'il ait un minimum d'instruction. » Adil ne s'en est jamais caché, l'école, ce n'était pas fait pour lui. Chaque bulletin scolaire était un moment difficile à gérer, il appréhendait la réaction de ses parents. Mais n'a jamais cherché pour autant à cacher ses mauvais résultats. « Un jour, son prof principal a inscrit comme appréciation générale du trimestre : "Élève fantôme", raconte sa soeur aînée. Il avait éclaté de rire devant ma mère en disant que c'était une très bonne observation. Il n'y arrivait pas, c'est tout. Mais il était plutôt bon en mathématiques. » Adil veut être footballeur, il n'en démord pas. Mais sa famille s'inquiète pour son avenir et lui obtient un poste à la mairie de Fréjus, où Feda est conseillère municipale. Dans la ville, les Rami sont déjà très connus. À ce moment précis, personne ne sait que cela ne fait que commencer. « On a beaucoup entendu parler du jardinier de Fréjus mais il n'a jamais touché une pelouse, rigole sa soeur. Il s'occupait de l'entretien et la propreté de la ville, pas des espaces verts. Dans ce domaine, il a juste réparé les tondeuses, puisqu'il passait un BEP mécanicien. Il se levait à 4h tous les jours et travaillait jusque midi puis partait s'entraîner jusque tard le soir. » La suite de l'histoire, tout le monde la connaît. « Mais personne n'a changé ses habitudes de vie, assure Feda.
Adil profite mais reste très terre-à-terre. Et il est toujours aussi généreux ». « Il a toujours eu cette bonne humeur communicative, explique Samir. Je suis son frère mais je ne sais pas comment il fait... Quand on commence à lui parler, on ne veut plus le lâcher tellement il est attachant. » « Attachant, c'est le mot, confirme Feda. Et il a gardé son côté déconneur et taquin. » Finalement, on a beau croire bien connaître Adil, ce sont ses proches qui en parlent le mieux. « Quand Adil joue, ma mère joue, mes soeurs jouent, sourit Samir. Et quand il n'y a personne de la famille au stade, il n'est pas bien. » Le mystère de la fulgurante réussite d'Adil Rami est levé.w

Nord Éclair