Les Nordistes sont heureux d'en baver
Publié le lundi 12 janvier 2009 à 06h00
Ce ne sont pas des vacances. Mais ils étaient prévenus. Manque de sommeil, galère perpétuelle et conditions difficiles, les Nordistes, encore en course, ont un moral d'acier.
Les époux Balloy, Hervé Diers, et Pierre Cherpin racontent la première partie de leur Dakar...
FRANCK SEGUIN > franck.seguin@nordeclair.fr
Ils ont en rêvé...ils sont servis sur un plateau. Quelques heures de sommeil dans le vacarme sud-américain, du sable, toujours et encore, des conditions difficiles, et le stress perpétuel de ne pas être éliminés : les Nordistes croquent à pleines dents. Et n'échappent pas à leur dose d'adrénaline.
Le couple Balloy, engagé avec leur Toyota, peut en témoigner. Parfois, les jours de repos ressemblent à une longue attente. Comme un jugement terrible, voire injuste, après une somme de galères. Samedi, à mi-parcours, Guillaume Balloy ne se fait aucune illusion. « Je ne pense pas qu'on reprendra le départ demain, souffle-t-il. Mercredi, on a dû sortir de la spéciale, on pensait qu'elle était neutralisée. Psychologiquement, on se prépare à être disqualifié. Ce serait cruel mais c'est le jeu ». Pour se remonter le moral, Guillaume et Sylvie Balloy sont allés déguster les frites d'Hervé Diers, un autre nordiste, qui avait promis de faire ce Dakar pour la « sauvegarde des friteries de la Région » et l'association « les Clowns de l'espoir ». Ce petit retour au quotidien a sans doute porté chance aux Balloy.
Le couperet n'est finalement pas tombé. Ils ont bel et bien pris le départ hier matin de la huitième étape. Un énorme soulagement car le couple nordiste commençait véritablement à prendre son pied depuis quelques jours. « On a eu d'énormes galères dès le début de la course, explique Guillaume Balloy. On a eu des problèmes car on passait après les camions. C'était très délicat. Jusqu'à mercredi soir, on a eu vraiment de gros pépins. Ensuite, cela s'est bien passé et je suis soulagé de ne pas être hors course ». Comme bon nombre d'amateurs, les Balloy et Hervé Diers peuvent être fiers d'avoir posé pieds à Valparaiso, au Chili. « Mais le plus dur est à venir » prévient Pierre Cherpin, le motard lillois. On n'a fait que la moitié du chemin ». Le dossard 99 en prend plein les yeux depuis le départ de Buenos Aires.
Dans le Nord de la France, il a même droit à un club de supporters qui le suit minute par minute. « En ce moment, je ne vis que pour le Dakar , note Magali Cherpin. Avant, je ne m'intéressais pas à la moto. Mais je suis devenu accroc... » Il faut dire que son cher mari en surprend plus d'un depuis le début de la course. « Et je me surprends moi-même, insiste-t-il. Je n'en avais jamais autant bavé. On n'arrête pas de chuter. Mais peu importe l'allure, il faut toujours avancer. Lors de la 3e étape, j'ai failli abandonner car j'ai cassé mon guidon. Heureusement, j'avais de quoi réparer ».
Lors de la 5e étape, il a fait à son moral d'acier pour ne pas jeter l'éponge, et finir l'étape en pleine nuit. « Une véritable galère car on ne voyait pas grand-chose. J'ai pensé à ma famille, à mon coach, mes amis et mes sponsors pour m'accrocher... » Car les motos ne sont pas épargnées durant ce Dakar. « Il faut faire attention à tout. Dès qu'on voit d'autres chutes à moto, cela inspire à la sagesse. Il faut se méfier des voitures et des camions. Ils sont dangereux ».
Malgré tous les risques, beaucoup sont importants pour les motards, Pierre Cherpin coupe court à toute polémique. « Quand on est motard sur un rallye, on sait qu'il faut se méfier de tout. Avant de s'engager dans la compétition, on connaît tous les risques ». Soit. Mais ce Dakar, endeuillé par deux nouveaux décès samedi, laisse planer de sérieuses zones d'ombre au sujet de la communication d'ASO, notamment autour du décès du motard Pascal Terry. « On n'est pas au courant officiellement, affirme Pierre Cherpin. On se base juste sur des "on dit"... » . ASO a d'ailleurs annoncé qu'il ne ferait plus « aucun commentaire » sur ce drame.


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