Que la fête commence
Publié le mercredi 31 décembre 2008 à 06h00
L'année 2009 sera-t-elle un bon cru pour le sport cycliste et le cyclisme français en particulier ? Rien n'est moins sur, même si quelques clignotants sont au vert.
CHRISTIAN PALKA > Correspondant
Le cyclisme est moribond depuis quelques années déjà. Depuis, en fait, qu'éclatent au grand jour les pratiques délictueuses des coureurs et de leurs entourages.
Depuis l'affaire Festina il y a maintenant dix ans, chaque année la famille du vélo a son lot de paquets cadeaux empoisonnés. Chaque année on se dit : « Ça y est, on est sur la bonne voie, cette fois-ci, tout le monde a compris. » Et chaque année, un petit malin se fait prendre la main dans le sac. Un sac à potion magique normalement indécelable. Depuis dix ans, aucune grande performance n'est à l'abri, plus tard, du discrédit. C'est pour le cyclisme un préjudice considérable qui a des répercussions sur les médias, le public, les partenaires, et la jeunesse.
En France, même si le dopage n'est pas la seule raison, le nombre de courses et de compétiteurs diminue alors que, rapport de cause à effet, la Fédération française et le Comité Nord-Pas-de-Calais de cyclisme commencent à avoir de sérieux problèmes de trésorerie. À force de vouloir laver plus blanc que blanc, le cyclisme s'est auto flagellé.
« Plus blanc que blanc, c'est transparent », disait Coluche. Oui, il y a des tricheurs dans le vélo mais au moins, on les cherche et on les trouve. Personne ne passe plus au travers. Il est souhaitable, une fois pour toutes, sous peine de mort annoncé, qu'on arrête d'assimiler les coureurs cyclistes à des dopés ou des drogués. Le bout du tunnel pour le monde cycliste n'est peut-être pas loin, à condition bien sûr qu'il respecte ses propres règles. Le conflit entre ASO (Amaury sport organisation) et l'UCI (Union cycliste internationale) semble en voie d'apaisement. Ce qui aura forcément des conséquences bénéfiques sur les grandes épreuves du calendrier dont fait partie le Tour de France. À commencer peut-être par moins d'acharnement médiatique du plus grand quotidien sportif de France à chaque affaire de dopage.
Le retour de Lance Armstrong sur le Tour de France 2009 n'est sans doute pas sans rapport avec ce début de réconciliation entre les deux principaux organes du cyclisme mondial. Ce retour de l'Américain va, bien sûr, faire débat. Est-ce ou n'est-ce pas une bonne chose ? Tout dépend le point de vue adopté. Pour les organisateurs et l'engouement du public pour l'épreuve, cela ne sera que du bonus. Pour l'éthique sportive, c'est autre chose.
Lance Armstrong sait ce qu'il encourt s'il ne respectait pas les règles. N'oublions pas qu'il est Américain et qu'il connaît les conséquences du parjure dans son pays. Marion Jones en est un bel exemple.
Bonne foi Ce que le cyclisme peut souhaiter en cette nouvelle année, c'est que l'Union cycliste internationale devienne assez puissante pour pouvoir, sur sa seule bonne foi, évacuer les obligations de plus en plus contraignantes de l'AMA (Agence mondiale antidopage), notamment sur la localisation du coureur 24h sur 24h et sept jours sur sept. Oui, les coureurs cyclistes doivent toujours dire où ils sont.
L'UCI devrait prendre exemple sur La Fédération internationale des associations de footballeurs professionnels qui s'est déclarée résolument opposée au code mondial antidopage de l'AMA qui entre en vigueur demain. Arguant du fait que le dopage est marginal dans le football, il suffirait d'ajouter que dans le cyclisme, aussi.





