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HANDBALLIEUROIAprès l'élimination de l'équipe de France

Nikola Karabatic, le « symbole » du crash français

Hier encore, Nikola Karabatic a passé presque tout son temps sur le banc. Hier encore, Nikola Karabatic a passé presque tout son temps sur le banc.

Arrivé avec le titre de meilleur joueur du monde qui lui avait été décerné en fin d'année dernière, Nikola Karabatic repart nu de l'Euro en Serbie, le pays où il est né et où il a été le symbole de l'échec de l'équipe de France.




Au départ, cet Euro devait être une grande fête. Mais c'est un véritable calvaire qui a pris fin hier à Novi Sad sur un peu probant match nul (29-29) face à l'Islande. Sous les yeux de sa maman et d'une partie de la famille, Karabatic, né à Nis avant de partir en France à l'âge de 4 ans, a traversé le tournoi comme une ombre.
Meilleur joueur du Mondial 2011 et de l'Euro 2008, meilleur demi-centre au Mondial 2009 et à l'Euro 2010, la star du handball mondial est tombée de haut. Les chiffres sont cruels. Sur cet Euro, son pourcentage de réussite aux tirs a frisé le néant (26%, 9 buts en 34 tentatives), un taux inimaginable pour lui qui tournait entre 54% et 63% lors des précédentes compétitions internationales.


Mais même ces chiffres ne suffisent pas à rendre compte de sa détresse, tellement cela fut douloureux de voir un champion comme lui perdre complètement confiance, refuser des tirs, hésiter dans tout ce qu'il entreprenait, perdre sa place de titulaire, passer du temps sur le banc, beaucoup.

Renaître de ses cendres
D'ailleurs, lors du match décisif face à la Croatie, il n'a plus été utilisé qu'en défense ou presque, un comble pour le formidable attaquant qu'il est.
Dans les tribunes, Patrice Canayer, son entraîneur à Montpellier, a secoué la tête d'incompréhension. Rien ne laissait présager un tel échec. La pression de vouloir briller sur sa terre natale, le poids de l'absence de son père Branko, décédé en mai dernier et dont il fut très proche, ou encore les incessantes sollicitations, autant d'explications valables. Mais elles ne suffisent pas à expliquer l'ampleur du désastre.
L'échec de Karabatic ressemble à celui de son équipe, qui a attendu d'être au grand complet pour s'abîmer dans les grandes largeurs. « Nous savons que nous n'avons pas fait un bon Euro, dit-il. On est très déçu. On avait l'habitude de gagner, même dans la douleur, mais, là, ça n'a pas réussi. Mais ce n'est pas inquiétant. C'était un championnat d'Europe. Les jeux Olympiques, c'est dans six mois. Nous sommes déjà qualifiés. Il y a une préparation très longue. Nous allons rester solides et avancer ».
À 27 ans, Karabatic sait qu'il lui faudra renaître de ses cendres. Il va retrouver le championnat de France, la Ligue des champions où on attendra une nouvelle fois beaucoup de lui. Mais pour répondre aux attentes, il faudra d'abord qu'il retrouve la confiance perdue en Serbie. « Ça reviendra, car les champions ne meurent jamais, estime le sélectionneur Claude Onesta. Mais personne ne peut savoir quand ».w


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