Football

Rami : « Cette ambiance à Lille, ça me manque ! »

Publié le 01/10/2012 à 00h00

Expulsé à Munich, Adil Rami manquera les retrouvailles avec Lille, demain soir. Au détour d'une balade valenciane, il se confie avec la simplicité qui a fait de lui un joueur attachant.

Rami : « Cette ambiance à Lille, ça me manque ! »
Expulsé à Munich, Adil Rami manquera les retrouvailles avec Lille, demain soir. Au détour d'une balade valenciane, il se confie avec la simplicité qui a fait de lui un joueur attachant.

Retrouver le LOSC en Ligue des champions, c'était le tirage rêvé ?

>> Je n'y croyais pas ! Quand j'ai commencé à recevoir des messages, tout le monde me parlait du Grand Stade. Je pensais que l'équipe de France allait jouer un match là-bas, comme on l'avait fait à Valenciennes ou au Havre. Quand j'ai compris, j'étais évidemment content de revenir dans le Nord. Je n'oublierai jamais cette période de ma vie.

Comment un Corse d'origine comme vous a-t-il pu s'attacher au Nord de la France ?

>> Déjà, je suis devenu professionnel là-bas, c'est quelque chose d'important. Après, c'est un tout : c'était la période mes vingt ans, là où tu vis des choses. J'ai découvert la vie, le foot.
ça restera la ville et le club de mon coeur. J'ai un restaurant qui ouvre bientôt dans le Grand Stade, justement, et des appartements. J'ai des attaches à Lille.

Vous imaginez-vous rejouer au LOSC un jour ou la page est-elle définitivement tournée ?

>> Peut-être, je ne sais pas. ça ne me déplairait pas en tout cas.

« Je repense
à Lille avec nostalgie »

Si vous deviez citer une image pour résumer votre carrière à Lille ?

>> C'est difficile d'en ressortir une seule, j'y ai vécu tellement de choses ! Je dirais la fin de match au Parc des Princes, où on se battait pour garder le 2-2. Chaque fois que je mettais une tête, une insulte sortait de ma bouche. Personne n'était visé, mais j'avais la rage. Je voyais Mathieu Debuchy à ma droite, c'était pareil. Et puis le coup de sifflet est enfin arrivé. On a tous couru partout, sans savoir où on allait. Ça m'a marqué, c'est inoubliable.

Avec le recul, vous rendez-vous compte de la qualité du groupe qui a fait le doublé ?

>> On avait une belle équipe ! Si on avait encore la même, avec un état d'esprit semblable, Paris aurait pu dépenser le double, il n'aurait pas suivi. L'ambiance qu'il y avait, ça ne s'achète pas. J'y repense avec une certaine nostalgie. Quand j'entends « We are the champions », je m'y revois. Je me souviens de David Rozenhal qui ne connaissait que le refrain mais qui n'arrêtait pas de chanter ! Je revois Rio, Tulio... Cette ambiance d'après match, ça me manque. Ici, on est trop sérieux, en fait.

C'est la chose qui vous a le plus marqué en arrivant à Valence ?

>> Exactement. C'est un club très professionnel. Et puis, à Valence, qui est pourtant une très grande ville, tu ne peux pas vivre ta vie normalement. Tu es plus qu'un footballeur. Si tu vas manger au restaurant en baskets, deux minutes plus tard c'est sur Twitter et ça fait le tour des médias. C'est spécial.

Que vous a apporté le championnat espagnol jusqu'à présent ?

>> De la maturité, de la sérénité dans mes relances, en tout cas sur les terrains d'Espagne. Et physiquement, avec la chaleur, c'est différent. Au bout de dix minutes ici, tu perds du poids. Et puis, j'ai l'impression qu'on joue plus de matches, entre le championnat, la Ligue des champions et la coupe du Roi, en match aller-retour. Le calendrier est plus condensé, on joue tous les trois jours. C'est rare d'avoir une semaine.

« À l'Euro, j'étais HS »

Comment avez-vous tenu le rythme ?

>> Au début, c'était bien, d'autant que le coach comptait sur moi. J'ai joué près de 70 matches. Mais les trois derniers mois ont été difficiles mentalement. Je ne voulais plus qu'on me parle de foot. L'Euro derrière, c'était la cerise sur le gateau (rires). J'étais HS mais je ne pouvais pas le dire. Tout le monde aurait voulu jouer l'Euro, je ne pouvais pas me plaindre. Personne n'était au top de toute façon.

Peut-on sacrifier une compétition pour une autre ou la culture est-elle différente ?

>> Je n'ai pas connu ça ici ! L'année dernière, on a perdu en demi-finale de la coupe du Roi contre Barcelone puis en demi-finale de la Ligue europa. On a tout joué à fond. C'est une autre mentalité. Et puis, ici, il faut marquer. Tout le temps. Je n'ai jamais entendu dire « on ferme » quand on menait au score. À Lille, j'ai connu le même style de jeu. Il manquait le pressing constant. Ici, des équipes peu connues te pressent pendant 90 minutes. C'est l'enfer.

Les Espagnols s'intéressent-ils au championnat de France ?

>> Pas du tout. À Valence par exemple, même Hazard, avant de signer à Chelsea, était un inconnu. C'est dire... Ici, on suit la Ligue 2, le Portugal, le Brésil, l'Argentine et l'Allemagne. Mais je n'ai jamais vu un match italien ou français. Je croyais qu'on était des stars au LOSC mais rien du tout (rires).

Où en êtes-vous avec l'équipe de France ?

>> J'attends, avec patience. Je suis encore en préparation, je ne me prends pas la tête. Je reviendrai un jour ou l'autre. La première fois qu'on s'est vu, en 2007, je vous avais dit que je n'avais rien à perdre. Maintenant, un peu plus c'est vrai (rires) mais j'ai gardé la même philosophie du foot.

Nord Éclair