ARNAUD PAPIN > arnaud.papin@nordeclair.fr
La semaine du RCL s'est donc bien mal achevée avec cette plus grosse défaite de la saison, de surcroît à domicile où les « Sang et Or » restaient déjà sur une contre-performance face à Angers (1-3). Que le RCL soit parvenu à homologuer le contrat de son milieu offensif israélien Firas Mugrabi mercredi dernier, ou que le financement de la rénovation de son stade ait été acté le lendemain, tout cela ne calmera pas le dépit des supporters artésiens. Hier, ils ont réclamé pour la première fois, et à trois reprises en deuxième période, la démission de Jean-Louis Garcia, entrecoupant leurs revendications par des explicites « Lens, bouge ton c... » L'entraîneur lensois se retrouve donc ce matin dans une situation des plus précaires. Le Racing ne totalise qu'une seule victoire sur les huit premiers matches de la saison (contre Le Havre, 1-0). Et ce ne sont pas les nuls successifs ramenés des déplacements qui permettront à Lens d'atténuer au classement la chute de son rendement à domicile. Ce matin, les partenaires de Jérôme Le Moigne pointent au 15e rang (8 points), avec seulement deux longueurs d'avance sur Ajaccio (18e), alors qu'ils se rendront à Nantes (6e) samedi prochain.
Touré, prince de Bollaert
Quel y sera leur état d'esprit ? S'ils abordent ce rendez-vous dans les mêmes dispositions que dans la première période contre Monaco, ils peuvent tout de même entrevoir la lumière. Hier, un coup franc de Valdivia (9e) et une frappe puissante de Pollet (13e) avaient inquiété Subasic, le portier monégasque. Et le cadre s'était dérobé de peu sur une reprise de Bergdich en pleine course (14e). Avant ce rendez-vous, Jean-Louis Garcia pensait son équipe capable de contenir l'armada monégasque. Une théorie qui tenait debout jusqu'au début du festival « des » Touré. D'abord celui du Monégasque Ibrahima Touré, à la réception d'un ballon relâché par Riou qui s'était interposé auparavant sur une frappe de Tzavellas. Sur l'action, l'arbitre, M. Lesage, aurait pu signaler une faute sur le gardien lensois (0-1, 48e). Mais on ne peut pas dire que lui et les Artésiens avaient le don de la communication.
Deux minutes plus tard, l'ASM doublait la mise sur une tête de ce même Touré (0-2, 50e), lâché au marquage par son homonyme. Lens était sonné pour le compte. « On paie la moindre petite erreur. Et nous n'avons pas eu le temps de pouvoir espérer quelque chose », se lamentait Jérôme Le Moigne, le capitaine nordiste.
Et l'expulsion de Touré, Alassane le Lensois, pour un pied haut dans la surface sur la poitrine de Tzavellas, assombrissait encore un peu plus le tableau.
Surtout qu'Ibrahima Touré laissait Germain tirer le penalty (0-3, 69e), qui lui avait demandé le ballon. Ce qui n'empêchait pas le Sénégalais de signer son premier triplé sous les couleurs monégasques dans le temps additionnel (0-4, 90e + 2) d'une frappe enroulée en pleine lucarne. Même les Monégasques devaient peiner à imaginer un tel scénario 45 minutes plus tôt. « Malheureusement, nous ne concrétisons pas nos occasions sur nos périodes fortes », constatait Jérôme Le Moigne.
Le constat n'est pas nouveau. Mais ce Racing-là, malgré les changements de dispositifs tactiques et les affirmations sur l'osmose collective, semble de moins en moins capable de peser sur les événements, de trouver les ressources pour affronter les vents contraires. Et c'est bien une crise sportive qui souffle sur le RCL.w