Football

Mais qui est donc Laszlo Bölöni ?

Publié le 07/01/2011 à 00h00

Homme de rigueur, Laszlo Bölöni laisse l'impression d'un entraîneur avec qui cela marche, très bien, ou pas du tout. Acharné du travail, distant autant qu'exigeant avec ses joueurs, qui est-il ? Éléments de réponse.

Mais qui est donc Laszlo Bölöni ?
Homme de rigueur, Laszlo Bölöni laisse l'impression d'un entraîneur avec qui cela marche, très bien, ou pas du tout. Acharné du travail, distant autant qu'exigeant avec ses joueurs, qui est-il ? Éléments de réponse.


STÉPHANE LEULIER ET ROMAIN BAHEUX > sports@nordeclair.fr
Laszlo Bölöni, c'est tout ou rien. Rarement entre les deux. Tout, c'est son passage à Rennes, de 2003 à 2006, où l'ancien milieu de terrain a laissé une trâce emprunte de respect et de sympathie. « J'ai connu beaucoup d'entraîneurs, livre le milieu de terrain et ancien lensois Olivier Monterrubio. Mais c'est l'un des meilleurs avec lesquels j'ai pu travailler. À ses côtés, j'ai beaucoup appris. C'est quelqu'un de très rigoureux, aussi bien sur le plan physique que tactique. Mais je tiens à dire qu'il est aussi capable de se lâcher. Je pense d'ailleurs que les Lensois vont bien travailler physiquement... » Le Lorientais contredit la réputation qui fait de Bölöni un entraîneur trop axé sur la défense. « À Rennes, on a développé beaucoup de jeu offensif. On avait aussi les joueurs pour le faire avec Frei, Didot, Gourcuff, Källstrom et moi-même. Maintenant, il faut aussi dire que quel que soit l'entraîneur, le travail commence par la défense. Mais de là à dire que c'est un entraîneur qui joue défensif, je n'irais pas jusque-là ». Une analyse relayée par Pierre Dréossi, qui a également côtoyé le technicien à Rennes. « Quand il était aux commandes, Rennes avait le meilleur buteur (Frei) et le meilleur passeur du championnat (Monterrubio). Si c'est ça, être un entraîneur défensif... Sur un plan personnel, c'est quelqu'un qu'il faut mettre en confiance pour qu'il puisse bien travailler. Il ne va pas s'ouvrir facilement et met des barrières avec les joueurs. Ce n'est pas le genre à sortir en boîte avec eux pour fêter une victoire ». Lancé dans le grand bain du professionnalisme par Bölöni, l'ancien attaquant de Nancy Olivier Rambo garde également le souvenir d'un homme plutôt renfermé. « En six années passées avec lui, je n'ai jamais vraiment connu le vrai personnage même si c'était un très bon technicien. Il venait faire son boulot et il rentrait chez lui, point barre. Même en le questionnant sur des points plus personnels, on n'avait que très rarement une réponse », témoigne-t-il, avant d'évoquer une anecdote qui résume bien le personnage. « Lors d'un match contre Bordeaux, il m'a titularisé en défense sans même me prévenir. Je l'ai su lorsque j'ai vu mon nom sur le tableau. Discuter avec les joueurs, ce n'est pas vraiment son truc ».
Ça casse à Monaco Champion de France de L2 avec Nancy (1998), champion du Portugal en 2002 avec le Sporting Portugal, champion de Belgique en 2009 avec le Standard de Liège, Laszlo Bölöni garde également l'image d'un entraîneur avec qui cela ne peut pas passer. Comme ce fut le cas il y a quelques mois à Al-Wahda, où il n'est resté que quelques semaines. Ou en 2006, à Monaco où, recruté à l'été en remplacement de Francisco Guidolin, il a été remercié à la mi-octobre, laissant le club à la 19e place. À l'époque, alors que son adjoint est Laurent Banide, Bölöni fait venir son complice rennais, le Portugais Joachim Preto. Celui-là même qu'il a proposé au poste d'adjoint à Gervais Martel lors des négociations pour son arrivée à Lens. « Quand il a fait venir son ancien adjoint, nous nous sommes adaptés, se souvient Laurent Banide, qui entraîne désormais Al Nasr. La problématique que nous avions à l'époque, c'est qu'il y avait beaucoup de nationalités, un certain nombre d'internationaux. Son comportement correspond à son vécu. Pour qu'un entraîneur réussisse, il faut que les joueurs adhèrent à son projet. Il faut aussi que, dans le club dans lequel vous arrivez, il y ait un rapport. Quand il n'y a pas d'atomes crochus, la greffe prend plus de temps... Il faut qu'il y ait une adéquation entre ce que fait et obtient l'entraîneur et ce qu'attendent ses dirigeants. Et il faut s'adapter rapidement et avoir des résultats ». Exactement la donne à Lens...w


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