Football

Lens emporté par le souffle de la jeunesse

Publié le 09/11/2010 à 00h00

Quatre joueurs de 18 ans ou moins figuraient dimanche dans le groupe lensois : Serge Aurier, Geoffrey Kondogbia, Anthony Rogie et Raphaël Varane, auteur d'une première apparition en L1 unanimement saluée.

Lens emporté par le souffle de la jeunesse
Quatre joueurs de 18 ans ou moins figuraient dimanche dans le groupe lensois : Serge Aurier, Geoffrey Kondogbia, Anthony Rogie et Raphaël Varane, auteur d'une première apparition en L1 unanimement saluée.


ARNAUD PAPIN > arnaud.papin@nordeclair.fr
Il était attendu, et il n'a pas déçu le jour où tous les regards se sont focalisés sur lui. C'est peut-être la performance la plus notoire de Raphaël Varane, dimanche soir, contre Montpellier (2-0). Au-delà même de sa bonne prestation aux côtés d'Éric Chelle au sein de la charnière centrale artésienne. Bien qu'international des moins de 18 ans et capitaine de la réserve pour sa première saison en CFA, le Martiniquais évoluait encore en U19 il y a à peine un an ! Il aurait pu gamberger à l'heure de fouler la pelouse du stade Bollaert pour sa première apparition en Ligue 1. Après tout, il n'a que 17 ans, il n'a signé son premier contrat professionnel que depuis quatre mois, Lens était avant-dernier au classement après onze journées, et 30 000 personnes auraient pu le siffler à la moindre erreur à ce poste si exposé de défenseur axial.


Varane : calme et sérénité
« Non, c'est justement pour ça qu'il est inutile de se rajouter de la pression », rétorque-t-il. Le jeune homme, encore lycéen en terminale ES, ne fanfaronnait pas après la victoire contre les Montpelliérains. Il sait simplement prendre la juste mesure des événements. Finalement, Jean-Guy Wallemme a lancé Raphaël Varane dans le grand bain de la L1, alors qu'il s'y était refusé en attaque pour David Pollet, avant que celui-ci ne se blesse. Une solution de rechange existait pourtant avec Franck Queudrue. Preuve de la confiance du technicien artésien pour le « gamin ». « Depuis que je le suis, en 18 ans, en CFA ou à l'entraînement dernièrement avec nous, c'est quelqu'un qui inspire la confiance par sa sérénité, assure Jean-Guy Wallemme. Il est très posé, très calme. Il a une base technique très intéressante. Et c'est bien pour lui qu'il ait fait une performance très intéressante ».
Adil Hermach, le capitaine lensois, s'est joint au concert de louanges : « Nous avons quand même gardé une certaine solidité derrière. D'ailleurs, je voudrais féliciter Raphaël Varane ». Puis le capitaine artésien d'ajouter, sur un ton espiègle : « Il ne faut pas qu'il prenne la grosse tête... mais il a fait un super match ».
Avec un seul match dans l'élite, Raphaël Varane entend bien écouter ce conseil, même si des émissaires de Manchester United étaient venus le superviser : « Tout est allé très vite pour moi. J'en parlais justement avec des copains, comme Serge Aurier. Maintenant, il ne faut pas lâcher, le plus dur arrive. Il faut continuer à progresser le plus rapidement possible, prendre de l'expérience, accumuler le savoir, c'est le plus important à 17 ans » .

Les 18 ans en force
Être bien entouré favorisera aussi sa progression. « L'association avec Éric Chelle s'est très bien passée, soulignait-il.
Il me guide beaucoup et j'écoute ses conseils. J'essaye d'apprendre le maximum de son vécu ». Et la présence dans le groupe professionnel d'autres espoirs lensois, côtoyés dans les catégories jeunes, constituera un atout pour l'épanouissement de chacun. « Il y avait quatre joueurs de 18 ans dans le groupe contre Montpellier, signalait Jean-Guy Wallemme. C'est bien qu'ils aient pu faire un match intéressant, pour ceux qui étaient sur le terrain comme Raphaël Varane et Serge Aurier, mais aussi pour ceux qui étaient sur le banc, comme Geoffrey Kondogbia et Anthony Rogie. Cela a dû être un plaisir pour eux de savourer cette victoire ». Ce n'était peut-être qu'un avant-goût.w

Nord Éclair