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FOOTBALLICOUPE DE LA LIGUEIQuart de finale, Marseille-Lille, demain (20h45)

Le sinueux destin d'Adil Rami

Après avoir été laissé au repos à Colmar, Adil Rami retrouvera son poste en défense centrale demain face à Marseille. Photo Ludovic Maillard Après avoir été laissé au repos à Colmar, Adil Rami retrouvera son poste en défense centrale demain face à Marseille. Photo Ludovic Maillard

Un peu plus de six mois après avoir failli rejoindre le club phocéen, Adil Rami retrouve le Vélodrome et l'OM demain. L'occasion pour le défenseur lillois, qui a évacué sa frustration, de briller dans un match de prestige qui peut le rapprocher de la sélection nationale.



SÉBASTIEN NOÉ > sebastien.noe@nordeclair.fr
Tout le monde à Lille connaît le début de la romance entre Adil Rami et le football. L'histoire d'un mec du sud, qui a débuté chez lui à Fréjus sans jamais passer par un centre de formation. Et qui, repéré à l'époque par Pascal Plancque, traversa la France pour exploser au plus haut niveau à Lille. Le temps a passé vite pour celui qui était encore employé de mairie il y a quatre ans et qui est aujourd'hui comme l'un des meilleurs spécialistes français, au point de « toquer » à la porte de la sélection. Une ascension tellement rapide que le bonhomme a parfois cédée à l'excès de vitesse.
Des bêtises avant la religion Ainsi, l'été dernier, après sa première vraie saison pleine avec le LOSC, Rami aurait voulu retrouver son Sud natal, pour rejoindre le prestige de Marseille. Mais le LOSC ne voulait pas être déplumé et refusa les 11 M E proposés et préféra faire affaire avec Lyon pour Michel Bastos.


« Je voulais partir pour connaître un nouveau et gros défi, souffle-t-il. Les dirigeants m'ont retenu et je constate aujourd'hui que c'était bien. Lille, ce n'est pas n'importe quel club. On est costaud, j'ai un entraîneur qui me fait confiance et je m'entends super bien avec tous mes coéquipiers ».
Des propos bien plus apaisés que ceux de juillet dernier où il avait accusé ses dirigeants de lui avoir menti. « Je ne peux plus travailler avec des gens qui m'ont fait ça », avait-il même lancé. Un mois plus tard à peine, Rami débutait une saison qui est jusqu'à aujourd'hui presque parfaite.
La preuve d'une frustration rapidement évacuée : « J'ai toujours pensé que la vie, c'était le destin, lance Rami. Même quand j'étais employé de mairie, je ne me prenais pas la tête et je suis toujours comme ça. On dit qu'on ne change pas une équipe qui gagne, je pense aussi qu'on ne change pas un caractère qui fait gagner ». Réputé pour ses innombrables facéties et son sens de la dérision, Rami reconnaît aussi avoir été aidé par la religion qu'il commence à découvrir au fil du temps. « Je suis musulman mais pas pratiquant, confie-t-il. Plus ça avance, plus ça m'intéresse mais ce n'est pas forcément facile dans un milieu comme le foot. J'y viendrai petit à petit mais j'ai encore quelques bêtises à faire avant d'y aller à fond ».
Quelques bêtises mais aussi une carrière à poursuivre. Avec Lille d'abord qu'il veut aider à retrouver l'Europe avant, peut-être, de s'envoler pour de bon l'été prochain : « C'est évidemment trop tôt pour en parler. On verra si j'ai les épaules assez solides pour relever un plus gros défi. Mais je sais que j'ai encore beaucoup à apprendre ». Surtout, Rami croit en ses chances d'intégrer l'équipe de France, qu'il a déjà côtoyé l'an dernier sans jouer, avant la coupe du Monde en Afrique du Sud : « C'est dans un coin de ma tête, je ne peux pas le cacher ».
Si ses performances parlent pour lui, Rami sait qu'il a tout intérêt à briller dans des matches de prestige comme celui de demain à Marseille. « Je n'ai pas envie de donner des regrets à l'OM mais plutôt de montrer que Lille a bien fait de me conserver, lance-t-il. En même temps, je ne vais pas changer et continuer à penser collectif. Je ne vais pas me la raconter. Quand j'aurai 35 ans, et une belle carrière derrière moi, je pourrai me permettre d'avoir la grosse tête ». Malgré les apparences, cette dernière est bien posée sur les épaules...w


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