Pas de procès pour la défense
Publié le samedi 07 novembre 2009 à 06h00
Relativement solide en début de saison, le LOSC encaisse beaucoup de buts depuis plusieurs semaines. Un souci qui inquiète même si les Nordistes ont des circonstances atténuantes avec les nombreuses blessures dans l'arrière garde.
SÉBASTIEN NOÉ > sebastien.noe@nordeclair.fr
Si, au sortir d'une défaite cruelle à la dernière minute contre le Genoa jeudi, les Lillois s'en sont pris vertement à l'arbitre (lire notre édition d'hier), la plupart ne se sont pas dérobés sur leurs manquements. « On cravache pour revenir au score et on reprend ce but, lâche Pierre-Alain Frau. C'est à l'image de ce qu'on fait en ce moment, on prend vraiment trop de buts ».
L'inattendu et impérial buteur lillois tape là où ça fait mal. Sur les six derniers matches, l'arrière garde nordiste a ouvert largement les vannes à trois reprises : à Boulogne (3-2), Auxerre et Gênes (2-3).
Beaucoup trop de blessés
Le constat est là, les explications, voire les excuses arrivent. D'abord, Lille souffre des nombreuses blessures qui ont touché ses joueurs défensifs : Plestan est handicapé par ses adducteurs depuis fin juillet et n'a joué qu'un match depuis avant de partir en rééducation dans le Sud. Chedjou a été blessé aux deux cuisses et Debuchy a subi deux entorses à la cheville droite. Ça fait beaucoup pour un secteur qui n'est déjà pas très pourvu : « Je n'ai vraiment pas beaucoup de choix en ce moment, reconnaît Rudi Garcia. Résultat, on tire beaucoup sur la corde pour ceux qui peuvent jouer et ça se ressent. Mais c'est vrai qu'il faudra apprendre à être plus hermétique ».
Depuis le début de saison, Lille se repose beaucoup sur la solidité d'Adil Rami. Ce dernier est d'ailleurs le joueur qui récupère le plus de ballons en Ligue 1. Ce qui peut à la fois prouver sa solidité mais aussi la fragilité du collectif lillois : « Je préférerais récupérer moins de ballons et qu'on prenne moins de buts », confie Adil Rami qui confirme que la répétition des efforts commence à lui peser : « Je le sens par moments pendant les matches, c'est plus compliqué mais je m'accroche. C'est important pour l'équipe mais aussi pour moi car ça m'aide à progresser et à viser le haut niveau ».
Après avoir gâché son début de saison par un manque de réalisme offensif, Lille se retrouve confronté au problème inverse. « C'est vrai qu'on cherche l'équilibre, avance Rudi Garcia. En début de saison, on semblait plus solide même si on a pris des buts qui étaient également évitables. Avant le match de Rennes, on semblait avoir retrouvé une certaine solidité et puis on a pris trois buts à Auxerre. On est devenu plus réaliste mais on ne pourra pas marquer trois buts à chaque fois, notamment à l'extérieur ».
Le LOSC a peut-être aussi trop cherché à améliorer son efficacité, aux dépens d'une certaine prudence : « Je ne sais pas mais c'est vrai qu'on se lâche un peu plus. On est moins attentifs sur les coups de pieds arrêtés », lance Adil Rami. Un argument balayé par Rudi Garcia : « Le problème, c'est les absents. À Gênes, après l'égalisation, on recule trop et on négocie mal certains ballons qui nous auraient permis de passer le milieu de terrain. On a voulu jouer et ce n'était plus le moment ». Demain, contre la deuxième attaque du championnat et qui enchaîne les buts sur coups de pied arrêté, il faudra savoir fermer les vannes. Outre Debuchy (cheville) et Chedjou (cuisse) qui passeront un dernier test ce matin, Balmont (mollet) et Touré (ischio-jambiers) sont incertains.





