Football

Mouscron à comptes ouverts

Publié le 04/04/2009 à 00h00

Une semaine après avoir déclaré que l'Excelsior Mouscron était « sauvé », Benoît Roul, administrateur principal, nous a ouvert les comptes du club belge pour éclaircir la situation.

Mouscron à comptes ouverts
Une semaine après avoir déclaré que l'Excelsior Mouscron était « sauvé », Benoît Roul, administrateur principal, nous a ouvert les comptes du club belge pour éclaircir la situation.


GAËLLE LAURENT-DRIDI ET ARNAUD PAPIN > sports@nordeclair.fr
Le statut. Le statut juridique de l'Excelsior Mouscron est une donnée fondamentale pour comprendre le contexte actuel du club et son proche avenir. Il s'agit d'une ASBL : association sans but lucratif, équivalent de l'association loi 1901 en France. Elle dispose d'un conseil d'administration dont les membres sont bénévoles et ne peuvent prétendre à aucun profit matériel. Philippe Dufermont était président de l'Excelsior jusqu'en avril 2007 avant de laisser la place à son cousin, Jean-Pierre, actuellement en poste. Le club a entamé les démarches de privatisation afin de transformer l'ASBL en SARL. « Mais cela ne peut pas se faire en un claquement de doigts », tempère Benoît Roul, administrateur principal de Mouscron.
Le passé. Comment Mouscron s'est-il retrouvé dans une telle situation d'endettement ? En particulier à cause d'une augmentation de la masse salariale (le club a laissé des contrats aller à leur terme tout en constituant un nouveau noyau de joueurs), laquelle a été revue à la baisse depuis l'arrivée de Philippe Dufermont et Benoît Roul. « Aujourd'hui, la moyenne des salaires est de 10 153 E par joueur, 7 538 E une fois les impôts déduits. La moyenne brute en Belgique est de 10 000 E », précise Benoît Roul. Le deuxième coup dur date de septembre 2008, lorsque le sponsor principal, Frinver (Philippe Dufermont détient 20% des parts de la branche belge) a informé le club qu'il ne pourrait pas honorer son contrat, à hauteur de 1,4 million d'euros, en raison de la crise financière.


Les dettes. Au 31 décembre 2008, les dettes de l'Excelsior Mouscron s'élevaient à 9,2 millions d'euros, qui se détaillent comme telles : 4,4M d' E de dettes à long terme (emprunts publics : 4M, prêts hypothécaires : 400 000 E), 1,5M d' E de provisions sur risques (éventuels procès), 1,3M d' E de dettes fournisseurs, 2M d' E de dettes fédérales. Ces deux derniers millions ont été avancés par Philippe Dufermont afin d'obtenir la licence pour l'an prochain. Au 24 mai 2009, date de la fin de saison belge, les dettes de l'Excelsior s'élèveront donc à environ 7,2M d' E. « Un montant qui ne serait exigible immédiatement que si nous étions en faillite. Or ce n'est pas le cas. Mouscron est d'ailleurs le 12e club belge sur 18 en terme de dettes », indique M. Roul. À ce jour, Philippe Dufermont aurait injecté 6M d' E dans l'ASBL Excelsior Mouscron, somme qui ne peut être considérée que comme un « don » vu le statut juridique du club.
Le repreneur. Le fameux repreneur, qui injectera 4 millions d'euros puis 2,5 autres millions d'ici le mois d'août selon un protocole d'accord, souhaite conserver l'anonymat. Le conseil d'administration de l'Excelsior a d'ailleurs signé une clause de confidentialité. « Je ne connais pas son nom et on ne le connaîtra sans doute jamais, confie Benoît Roul. Il souhaite investir dans le club mais veut éviter toute médiatisation ». Un « secret » qui laisse planer des doutes dans l'esprit des gens. « Il a apporté toutes les garanties nécessaires, qui ont été validées par notre commissaire aux comptes, M. Sénéchal, évidemment indépendant du club », précise M. Roul. Le repreneur est en fait un investisseur d'origine belge installé en Europe et dont le seul objectif est de faire du profit. Pour cela, il doit évidemment attendre que le club obtienne le statut de SARL pour espérer un quelconque retour sur investissement.
La saison prochaine.De 13M d' E en 2007-2008, le budget pour la saison prochaine s'élèvera à 6,5M d' E (8,5M d' E cette année). Le manager aux licences, mandaté par la Ligue belge, qui étudie les comptes des clubs dans le but de délivrer les licences a rendu un premier avis favorable. Les dirigeants mouscronnois seront probablement convoqués le 21 avril pour commenter le rapport financier devant la commission. « On ne peut pas préjuger de ce qui va se passer, l'avis de cette commission étant consultatif, admet M. Roul.
Mais pour le moment, tout est parfaitement en règle ».

Nord Éclair