À l'arrivée à Metz, le directeur sportif de la Garmin, Allan Peiper a lâché, amer : « C ette journée est un désastre. Pour nous, rien ne marche. On a tellement de blessés... On a perdu la plupart de nos chances dans tout ce qu'on voulait faire.
Ces derniers jours ont amené beaucoup de déceptions ».
Après le sprinteur Tyler Farrar, meilleure chance pour des succès d'étape sévèrement touché dans plusieurs chutes, l'équipe américaine a vu Hesjedal, 6 e du Tour 2010 et vainqueur du Giro cette année, blessé dans l'impressionnant carambolage à 25 kilomètres de l'arrivée.
« C'est la chute la plus effrayante dans laquelle j'ai été pris », affirme David Millar, 35 ans, coureur professionnel depuis 1997 qui participe à son douzième Tour de France. « On n'a pas pu l'éviter, on s'est encastré les uns dans les autres à 70km/h.
J'ai eu de la chance, j'étais dans une troisième vague, j'ai atterri sur des gars, j'avais des vélos qui me tapaient derrière, des chaînes me sont tombées dessus... Je ne savais plus où j'étais », raconte l'Écossais avant de montrer son avant-bras ensanglanté et des traces de dents de pédalier sur son maillot.
Hesjedal, cuissard déchiré, suit peu après et monte péniblement en boitant dans le bus de la formation. « Il a un gros hématome sur le haut de la jambe. Tyler Farrar l'a poussé dans le dernier kilomètre pour qu'il puisse passer la ligne », raconte Peiper.
Johan Vansummeren arrive en dernier, le visage livide, sa tenue déchiquetée sur toute la hauteur du dos et des fesses. Le vainqueur de Paris-Roubaix 2011 est resté longuement au sol avant de reprendre la route. « J'avais la tête qui tournait », raconte-t-il.
L'antithèse de 2011
Touché à une épaule et au dos, le Belge est parti passer des examens à l'hôpital de Metz pour s'assurer que rien n'est cassé. « Si quelque chose est cassé, c'est une côte, c'est là que j'ai le plus mal, mais je ne pense pas que ce soit cassé », confie-t-il.
Personne ne sait comment est arrivée la chute. « Le stress de vouloir garder sa place à l'avant, une étape plate, du vent, des coureurs frais... », suppose Allan Peiper, fataliste. « Ça arrive, la malchance nous est tombée dessus. Ça m'est arrivé de tomber trois fois dans une semaine, mais je n'ai jamais été dans une équipe qui a eu autant de malchance dans une première semaine de course » .
Et Millar de soupirer : « C'est l'antithèse de l'an dernier ». En 2011, les hommes de Jonathan Vaughters avaient raflé la mise dans la première semaine (deux victoires d'étape dans le contre-la-montre par équipes et pour Farrar, maillot jaune pour Hushovd).w