Les révélations de Laurent Fignon
Publié le jeudi 18 juin 2009 à 06h00
Deux fois vainqueur du Tour (1983 et 1984), Laurent Fignon fait, à 15 jours du départ de la « grande boucle »,la Une de l'information avec son livre « Nous étions jeunes et insouciants » chez Grasset et l'annonce de sa maladie.
CHRISTIAN PALKA > Correspondant
Laurent Fignon surnommé aussi, au début de sa carrière « l'intellectuel du peloton » s'est attiré plus de sympathie en une semaine qu'en plusieurs années de carrière. Le Parisien qui est, très vite, devenu une vedette (il venait d'avoir 23 ans lorsqu'il gagna son premier Tour de France) n'attirait pas spontanément, à cette époque, la sympathie.
Garçon intelligent et cultivé, il avait déjà tendance à avoir une haute opinion de lui. Dans le Tour de France 1984 qu'il domina de toute sa classe, malgré un Bernard Hinault revigoré depuis qu'il s'était mis à « la vie claire » avec Bernard Tapie, le public lui reprocha une certaine arrogance vis-à-vis de son ex leader breton.
Laurent Fignon n'est jamais apparu comme un type chaleureux, ce qui ne veut pas dire qu'il ne l'est pas. La sortie de sa biographie et la révélation de son cancer ont touché le grand public. L'homme est apparu sous un jour nouveau. Son courage et la lucidité sur sa maladie ont impressionné. Le Parisien qui s'est remis au vélo, comme Bernard Hinault d'ailleurs, après une longue, très longue période d'abstinence, redonne au sport cycliste, celui de son époque, la place qu'il mérite.
Ses aveux concernant le dopage n'ont rien d'infamant et ne doivent pas remettre en cause les performances de cet immense champion. Le dopage de cette époque-là était du genre artisanal. Il était abordable par tout le monde et, surtout, avait l'extrême délicatesse de ne pas fausser le résultat.
Dans les courses de ce temps-là, les plus grands coureurs étaient toujours au palmarès des plus grandes courses. Vous n'avez pas trace, à part quelques exceptions, de coureurs arrivés de nulle part et qui, du jour au lendemain, passaient du statut de simple équipier à celui de champion incontestable. Les vainqueurs étaient plausibles.
Depuis le milieu des années 1990, quelques anomalies criantes ont posé question.
Sans citer personne, tout le monde a en mémoire les trois coureurs d'une même équipe qui se débarrassent, en fumant la pipe et sans attaquer, de tout un peloton de coureurs relégués aux rangs de « trois et quatre » (ndlr : expression cycliste qui signifie coureurs très modestes) alors qu'il s'agit des meilleurs coureurs du monde dans la Flèche wallonne.
Tout le monde se souvient de ce coureur nordique qui s'est soudainement trouvé des talents de grimpeur et de rouleur au point de remporter le Tour de France. Dans ces deux cas, on peut légitimement penser que les dés étaient pipés.
Quand l'affaire Festina éclata en 1998, pour tout le monde il était évident que plus rien ne serait jamais pareil. Que, dorénavant, le dopage irait en décroissant.
Hélas, c'est exactement le contraire qui se produisit : le nouveau dopage commençait. Il a donc raison, Laurent Fignon, de dire que son vélo n'a rien à envier à celui d'aujourd'hui. Il aurait même pu ajouter : les champions non plus En tous les cas, bonne Chance, Laurent ! C'est sûr que, dans ce coup-là, tout le monde est avec toi.


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citospopulos : Pour ma part je pense qu'l y a toujours des personnes...
citospopulos : oui pour une nouvelle forme de police de proximité...
jeanjean59 : message pour Claire : Bravo pour votre "enfarinage"...