FRANCK SEGUIN > franck.seguin@nordeclair.fr
Émilie, que représentent les jeux Olympiques pour vous et l'équipe de France ?
>> Les JO, c'est le rêve suprême. C'est une chose à vivre dans sa carrière. Aujourd'hui, je suis heureuse et dans un rêve. Mais on ne se suffit pas de la qualification. On est compétitrices, on veut décrocher une médaille.
Il y a un an et demi, Londres s'était éloigné pour vous avec cette grave blessure au genou...
>> J'ai été blessée en septembre 2010, juste avant les Mondiaux. J'ai perdu une saison ensuite. Je pensais aux JO à ce moment-là, mais il fallait être patiente avec mon corps. Je devais trouver le juste milieu pour prendre le temps de revenir, écouter le staff médical. J'ai été très bien entourée, vraiment. Le principal pour moi était de bien revenir physiquement, et surtout de mériter ma place. Même si ça faisait huit que j'étais chez les Bleues, j'avais un peu perdu ma place avec cette blessure. L'équipe de France n'appartient à personne. Je devais prouver que j'avais retrouvé le niveau. Durant ma blessure, j'ai surtout pensé à bien revenir, sans brûler les étapes. Je suis revenue de loin.
« L'équipe de France :
une grande famille »
À quoi pensez-vous à quelques jours de la cérémonie d'ouverture ?
>> On pense à tout. J'ai plein de flashs dans ma tête. Dès le 25, plein de sportifs vont prendre l'Eurostar. L'engouement va prendre. On a beau dire ce qu'on veut, c'est impossible de rester dans sa bulle. On est sollicitée par les journalistes, la famille, les amis, tout le monde nous envie, nous encourage. On ne peut pas échapper au phénomène des JO. Autant donc l'accepter et le vivre à fond, sans oublier les objectifs dans la tête. On va être le centre du monde durant ces JO, c'est une fierté et on doit en profiter avec modération. Le public attend qu'on revienne avec une médaille. J'ai envie de donner ça à ma nation.
L'image d'équipe est extrêmement importante au moment des JO...
>> Oui, l'équipe de France, toutes disciplines confondues, c'est une grande famille. On veut montrer une belle image. On a vu le football, et nous, les sports collectifs, sommes assez critiqués. Mais on est là pour représenter une nation. On a été choisies pour représenter la France. En club, c'est différent, il peut y avoir une star et le business n'est pas le même. En revanche, en équipe de France, on ne devrait même pas parler d'argent.
La cérémonie d'ouverture
avec une caméra
À part le basket, quelle scène attendez-vous avec impatience à Londres ? >> Je m'imagine déjà avec la tenue que tous les athlètes français porteront lors de la cérémonie d'ouverture. Je suis parmi eux derrière Laura Flessel, la porte-drapeau. Ça me va parfaitement. Je ne sais pas si je vais pleurer, j'ai déjà une camera pour faire un film.
En attendant, hier soir vous avez retrouvé le Palacium de Villeneuve d'Ascq, et l'ESBVA, un club que vous venez de quitter pour Montpellier...
>> Je n'ai pas encore tourné la page de l'ESBVA, d'ailleurs, je vis encore ici dès que j'ai des journées de repos. Je retarde le plus possible mon arrivée à Montpellier. Mes repères sont ici. Cela va me faire bizarre de partir car ce n'est pas la même mentalité dans le Sud, je suis quelqu'un de simple, je viens d'un quartier, d'une famille nombreuse, ça n'a pas toujours été facile. Je suis partie car Montpellier m'a proposé un meilleur contrat. Mais j'ai passé d'excellentes saisons ici. En six ans, je n'ai que de bons souvenirs. J'ai vraiment bien été accueillie à Villeneuve d'Ascq, c'est très bien avant de partir pour Londres.w