Tony Parker - Lille : le mariage avorté
Publié le mercredi 04 février 2009 à 06h00 - FRANCK SEGUIN > franck.seguin@nordeclair.fr
Le LMBC est passé à deux doigts d'un incroyable conte de fée. Tony Parker, la star NBA, avait pensé depuis quelques mois au club lillois pour en faire une place forte du basket européen. Villeurbanne l'a finalement coiffé sur le fil...
Une scène surréaliste. Une communion entre les fans de la série Desperate Housewives et de NBA au Palais Saint-Sauveur, rebaptisé théâtre des rêves. Une médiatisation en taille XXL pour Lille. Le décor est idyllique : Eva Longoria est assise dans les tribunes et ne cesse d'applaudir son tendre mari en train de suer sous le maillot du Lille Métropole Basket pour son jubilé en France, la dernière année de sa carrière...
Lille est passé à côté d'un conte de fée. Tony Parker, désireux d'aider un club français à s'installer sur le toit du basket européen, a bien failli devenir principal actionnaire du Lille Métropole Basket Club. « Parker m'a téléphoné le 11 novembre 2008 en me disant qu'il souhaitait investir dans un club français. On lui avait conseillé Lille. Au début, je croyais que c'était une blague ».
Servais Tomavo, le président lillois, n'en croit pas ses oreilles. Mais très vite, la star NBA multiplie les contacts et engage certaines négociations.
« Parker cherchait un club installé dans une grande ville de France, proche de Paris, et surtout qui n'avait pas un passé historique ».
Le prototype parfait : c'est le LMBC. Ce dernier, appelé à devenir grand dans quelques années, est actuellement en tête de la Nationale 1 et commence à peine à se professionnaliser. « On s'est alors mis à discuter » dans le plus grand secret. Durant les vacances de Noël, le président lillois est même invité « à passer les fêtes chez les Parker ».
« On a discuté du projet qui était de monter en Pro B puis dans trois ans en Pro A. Parker serait intervenu dans les aspects techniques. On évoquait une nouvelle salle, un centre de formation, enchaîne Servais Tomavo. On a même discuté du nouveau logo du club ou encore que Tony joue avec notre maillot lors de sa dernière saison vers l'âge de 36 ou 37 ans. Son ambition était de faire du club une place forte européenne » .
Hélas, Parker n'a qu'un seul rêve à vendre. Le plus grand joueur français de tous les temps est clair : Lille n'est pas seul sur les rangs. Il y a Rouen, mais surtout Villeurbanne. « Un club qui est devant nous au niveau des infrastructures, un savoir-faire en avance sur le nôtre ».
Servais Tomavo assiste à deux matches des Spurs, déjeune à plusieurs reprises chez Parker puis attend de savoir si le père Noël a bel et bien frappé à sa porte. Les quinze premiers jours de l'année sont longs. Puis le portable sonne : « Il me dit qu'il retient plutôt le projet de Villeurbanne » . Pure coïncidence, quelques jours plus tard, le LMBC reçoit Villeurbanne en coupe de France.
Encore une fois, les Lillois perdent la bataille de peu, après avoir lutté quasiment au coude à coude avec l'ASVEL, un géant du basket français. Servais Tomavo est toutefois philosophe. Le mariage de son club avec Parker a avorté d'un rien. Mais ce coup de projecteur a offert une place envieuse pour son club. Le LMBC ne peut que grandir. Ce feuilleton avec la star NBA n'a fait que confirmer cette conviction. « Maintenant, on est connu partout , se félicite Tomavo. Une autre star pourrait investir chez nous. On en ressort grandi ». En basket, tout est une histoire de rebond.
Les dirigeants lillois n'ont pas pris un coup de massue en apprenant que Parker ne viendrait pas. Bien au contraire, il n'y a pas meilleure publicité pour le rêve de grandeur du LMBC. Même les élus se réjouissent d'un tel coup de projecteur...Malheureux sur la ligne d'arrivée, le basket lillois en sort naturellement grandi. Si le club de l'ASVEL, sur lequel Tony Parker a finalement jeté son dévolu, a un avenir tout tracé, le LMBC ne reste pas dans l'anonymat. À la Communauté urbaine de Lille, « on ne savait rien de ces négociations », reconnaît Michèle Demessine, la chargée des sports à LMCU. « Mais cela nous conforte dans notre idée de faire un grand club de basket dans notre métropole ».La médiatisation autour de cet épisode va bien évidemment servir les intérêts du LMBC. « C'est une bonne chose pour aider ce club à se faire un nom, à fédérer autour de lui », ajoute l'élue lilloise. « Si Tony Parker a pensé devenir actionnaire et s'investir au LMBC, cela veut dire qu'on ne s'est pas trompé ».Monter en Pro AActuellement leader de son championnat de Nationale 1, le club lillois a quasiment un pied en Pro B. Son grand projet prévoit bien évidemment de monter en Pro A dans quelques années. D'ici, un autre grand nom aura peut-être la bonne idée de prendre part à l'aventure. Dans le basket international, Le LMBC n'est plus un club anonyme. F.S.


![[AUDIO] Immigration : France Terre d'Asile dénonce «l'inefficacité de l'inflation législative»](/mediastore/img/contenu/no_interview.jpg)



citospopulos : Pour ma part je pense qu'l y a toujours des personnes...
citospopulos : oui pour une nouvelle forme de police de proximité...
jeanjean59 : message pour Claire : Bravo pour votre "enfarinage"...