PATRICK ARMAND > correspondant
Dans les clubs de la région, on se faisait une joie de disputer les championnats de France « Jeunes » à Lens. Il y avait en effet, un bon moment que cette compétition nationale n'était revenue « à la maison ». Et pourtant, ceux-ci ne resteront pas un grand crû et ont même tourné au cauchemar pour certains athlètes, tuant du coup les espoirs d'une dizaine de médailles en les cantonnant à une misère.
Heureusement, cinq médailles dont deux d'or, celles de Prescilia Duponcheel au 800m et de Mathieu Waroux au marteau, sont venues adoucir un week-end qui aurait pu être Waterloo morne plaine. Déjà révélée l'an passée sur 1500m alors qu'elle n'était que cadette première année, l'athlète du Lille Métropole Athlétisme a confirmé cette saison sur 800m. Cette évolution était voulue par l'intéressée qui tenait à connaître ses capacités au meilleur niveau sur les deux tours de piste. De ce côté-là, pas de calculs. « Je suis partie devant comme j'aime le faire, reconnaissait-elle après avoir franchi la ligne d'arrivée. De toute façon, c'est ce que je sais le mieux faire, alors pourquoi changer les habitudes... Pour l'avenir, je ne sais pas. Choisir entre le 800 et le 1500m, je ne l'ai pas encore fait... ».
Pour Mathieu Waroux, l'escapade dans le département voisin restera aussi un bon souvenir puisqu'un titre de champion de France est venu récompenser une belle série au-delà des soixante mètres. Avec 64,48m, il trouvait la médaille d'or avant d'aborder la catégorie supérieure avec des ambitions nouvelles...
Un désert derrière la forêt
Il n'y avait qu'à voir le geste dépité d'une Camille Orlik en franchissant en quatrième position la ligne d'arrivée du 110m haies, mais aussi la malchance de Laurent Delannoy de Saint-Venant Athlétisme, ballotté dans le 800m pour comprendre la détresse d'une partie du contingent régional subissant impuissant un naufrage dont les athlètes se seraient bien passés... surtout sur leurs terres. Alors à qui la faute ? Difficile de jeter la pierre dans une direction plutôt que vers une autre. Force est de reconnaître qu' hormis quelques médaillés potentiels qui ont été victimes de malchance, d'une quatrième place qui change tout... surtout dans le mauvais sens, nos athlètes ont paru fragiles psychologiquement dans un tel contexte. Mais au-delà de ce premier constat, il faut bien reconnaître que peu d'entre eux figuraient dans le « Top 10 » avant d'aborder les championnats de France et à ce niveau, la génération spontanée n'existe pas. Il n'y avait finalement que dix potentielles médailles attendues lors d'un rendez-vous national où la ligue régionale avait déjà obtenu une vingtaine de breloques de toutes les couleurs, il n'y a pas si longtemps. Ce résultat est la résultante d'un manque de densité entrevu lors des championnats régionaux, mais aussi la faiblesse des performances révélée à la simple lecture des bilans.
Les jeunes, s'ils veulent briller au meilleur niveau, vont devoir se faire mal, les entraîneurs se remettre en question, les clubs se mobiliser pour réinvestir le monde scolaire où les « passerelles » ne sont plus aussi évidentes. La délégation des récentes « Pointes d'Or » des minimes devra être accompagnée régionalement et élargie pour espérer connaître des retombées positives dès 2014...w