Athlétisme

Entre Bolt et Blake, les Bleus tout petits

Publié le 25/07/2012 à 00h00

A l'ombre des géants jamaïcains du sprint Bolt et Blake, dont les duels sur 100 et 200 m seront l'apogée médiatique des JO, les athlètes français emmenés par Christophe Lemaitre et Renaud Lavillenie espèrent capter un peu de lumière et éviter au clan tricolore un zéro médaille.

Entre Bolt et Blake, les Bleus tout petits
A l'ombre des géants jamaïcains du sprint Bolt et Blake, dont les duels sur 100 et 200 m seront l'apogée médiatique des JO, les athlètes français emmenés par Christophe Lemaitre et Renaud Lavillenie espèrent capter un peu de lumière et éviter au clan tricolore un zéro médaille.



Dans un bon western, le scénario voudrait que Usain Bolt le maître de Pékin 2008 et Yohan Blake l'élève de Kingston règlent définitivement leurs comptes dans un duel à mort devant le saloon.
Mais l'athlétisme aime les belles histoires, et il y aura donc deux duels pour le prix d'un. Le premier rendez-vous est fixé au dimanche 5 août. Ce jour-là, le temps suspendra son vol l'espace de dix secondes à peine et, comme les sprinteurs engagés dans cette finale du 100 m, le public du stade olympique et les millions de téléspectateurs devant leur écran retiendront leur souffle.


Le « remake » aura lieu quatre jours plus tard, le jeudi 9 août, avec la finale du 200 m. À l'issue de ces deux représentations, on saura définitivement si Usain Bolt est une légende.

Éviter le fiasco de Sydney
Car l'interrogation a explosé à la face du monde lors des sélections jamaïcaines, où la force brute de Yohan Blake, partenaire d'entraînement de Bolt sous l'égide de Glen Mills, a débranché « la Foudre », sur les deux distances.
Mais attention, l'athlétisme aime aussi que les seconds rôles crèvent l'écran. Les Etats-Unis, avec le revenant Justin Gatlin (champion olympique 2004) et le fragile Tyson Gay (2e meilleur performeur de l'histoire sur 100 m) promettent de contester la suprématie jamaïcaine.
La lumière pourrait aussi venir de l'Australienne Sally Pearson, dont la quête d'or pourrait être synonyme de record du monde du 100 m haies.
Mais l'athlétisme, fort heureusement, n'est pas qu'une histoire de sprint. Le Kenya, évidemment, devrait être le grand pays de ces Jeux, mais il faudra aussi compter avec l'Ethiopie qui, pour la première fois de son histoire, pourrait enlever l'ensemble des compétitions de fond et demi-fond !
L'Europe misera elle sur les lancers pour alimenter sa cargaison de métal.
Et les Français dans tout ça ? Ils veulent éviter le fiasco de Sydney en 2000, où le clan français était revenu des antipodes sans aucune médaille pour la 2 e fois uniquement de l'histoire, après Berlin 1936.
Depuis 1996 et les sacres de Marie-José Pérec (400 m) et Jean Galfione (perche), aucun athlète français n'a pu devenir champion olympique. Ce sera peut-être la fin de la disette grâce à nouveau à un perchiste, Renaud Lavillenie, le seul Tricolore dont on puisse dire qu'il maîtrise sa discipline au niveau mondial avec régularité.
Au 3000 m steeple, le vice-champion olympique de 2008 Mahiédine Mekhissi tentera de devancer un Kényan de plus pour réaliser son rêve.
Yohann Diniz, valeur sûre de la marche, espère lui concrétiser aux JO ce qu'il a pu montrer aux niveaux européen et mondial.
Ce sera sans doute plus compliqué pour la locomotive française Christophe Lemaitre. À 22 ans, le Savoyard est la tête de proue du sprint européen face à l'hégémonie américano-caribéenne. Mais il ne faut pas se tromper : pour lui, une place en finale dans l'une ou l'autre des distances (100 et 200 m) serait déjà une réussite, même s'il possède sans doute une petite chance de podium sur la courbe.
Le camp français misera sur la réussite d'un de ses relais (4x100 m, 4x400 m) pour atteindre l'objectif envisagé « de trois à cinq médailles ».
Comme les 2 000 athlètes du monde entier appelés à se départager dans les différentes épreuves, les Français espèreront surtout ne pas être coupés au montage.w

Nord Éclair