VALÉRIE AUBERT-RAMBAUX (À NEUILLY-SUR-MARNE) > valerie.rambaux@nordeclair.fr
Enfin le grand jour pour les 31 concurrents, hommes et femmes de cette édition 2012 du Paris-Colmar, et en particulier pour les deux marcheurs du CM Roubaix, Nicoletta Mizera et Saâdi Lougrada, qui disputent l'épreuve pour la première fois.
Nicoletta aborde cette compétition hors norme avec toute la sérénité qui la caractérise. Et une certaine impatience. « J'ai ralenti l'entraînement après la première semaine de juin. Pendant dix jours, je me suis limitée à une heure, une heure trente par jour, pour rester fraîche. J'aurais aimé continuer, mais les "anciens" du Colmar comme Josiane Panier et Gilles Letessier m'ont conseillé de m'arrêter ».
Outre le prologue dans Paris, 5 km au départ des Champs-Élysées hier en tout début d'après-midi, les féminines devaient ensuite parcourir une vingtaine de kilomètres à partir de 19 h, entre Neuilly-sur-Marne et Saint-Thibault-des-Vignes.
« Il ne faudra pas trop se donner ce soir (hier soir, ndlr), envisageait Nicoletta dans la matinée, et garder un peu de fraîcheur pour la grande étape de demain (aujourd'hui, départ à 19 h de Vitry-le-François pour 200 km). Ces 20 km vont nous permettre de nous remettre en jambes. Là, on va pouvoir marcher ».
L'athlète de nationalité italienne mais Française de coeur confiait encore se sentir « sereine ». « J'espère surtout faire une belle marche sur les Champs, montrer un beau style, ce qu'est la marche athlétique, et que c'est un sport très technique ».
« Ne pas décevoir les miens »
Pour Nicoletta, « c'est jeudi que les choses sérieuses vont commencer ».
Saâdi Lougrada éprouvait, de son côté, quelques difficultés à contenir son émotion. Directeur du CCAS de Sallaumines, il avait déjà eu la surprise de se voir remettre le 6 juin la médaille d'argent de la Jeunesse et des Sports.
« Ça m'a rajouté un stress énorme ! Énormément de monde est venu me remercier de ce que je fais sur Sallaumines. Je ne m'étais pas rendu compte de l'engouement que suscite ma participation à Paris-Colmar auprès de ma famille, de mes collaborateurs ».
Il s'interrompt pour décrocher son portable : « C'est le maire qui me téléphone pour m'encourager ! » Pour ce marcheur de bientôt 50 ans, il devenait temps de prendre le départ : « Je suis impatient d'y être, j'ai envie d'être sur la route.
J'espère déjà arriver à Corcieux (où sera donné le départ de la dernière étape samedi matin, ndlr) ».
Avant le passage obligatoire chez le podologue, il explique, les larmes aux yeux, être « de tout coeur avec ceux qui sont restés dans le Nord : "ma femme, mes enfants..." Je n'ai pas envie de les décevoir, ni de me décevoir ».w