Fabien Debaucheron, roi du désert
Publié le jeudi 12 février 2009 à 06h00
Nous avions laissé le Wattrelosien Fabien Debaucheron au printemps 2008, à son retour du Marathon des Sables. Le 27 janvier, il a pris le départ du Grand Raid Sahara. Cinq jours plus tard, il franchissait la ligne d'arrivée en vainqueur.
VALÉRIE AUBERT-RAMBAUX > valerie.rambaux@nordeclair.fr
Cinq étapes, 35 à 50 km par jour, 213 km au total... On a vu mieux comme promenade de santé ! Fabien Debaucheron, sept raids au compteur dont quatre Marathons des Sables, jugerait presque l'aventure agréable : « J'en retire plus de plaisir que sur le Marathon des Sables, qui s'effectue en auto-suffisance et où la notion de performance est très importante. Dans le Grand Raid Sahara, on prend davantage son temps. » Pour sa troisième participation, le Wattrelosien a eu recours à un moteur très personnel : « Avant mon départ, j'ai appris que j'allais être papa fin septembre ! J'y ai pensé tout le temps, ça m'a bien aidé. » Après quatre éditions en Mauritanie, l'épreuve s'est déroulée au pays Dogon, au Mali. « Par rapport à la Mauritanie, où l'on a des déserts de sable et de cailloux à perte de vue, les paysages sont plus variés », souligne l'aventurier. Lors des deux premières étapes, la vingtaine de concurrents a évolué sur une piste sablonneuse plantée de palmiers, au pied de la falaise de Bandiagara. « Nous avons traversé beaucoup de villages et leurs cultures d'oignons... » Le troisième jour, ils ont gravi la falaise et parcouru un plateau rocheux, peu ombragé, avec une végétation et des villages épars. « L'avant-dernier jour, nous avons traversé un plateau aride, avant d'atteindre un petit canyon. » La cinquième étape fut selon Fabien Debaucheron « la plus difficile, la plus belle aussi. À tout moment, on risquait de suivre une mauvaise direction ».
Un peu moins de vingt-cinq heures auront été nécessaires au Nordiste, conducteur de bus chez Transpole, pour boucler les cinq étapes. « En réalité, mon temps avoisine les vingt-trois heures, précise-t-il. Le premier jour, je me suis retrouvé à court d'eau - par plus de 40° - à environ 4 km de l'arrivée. J'ai parcouru une petite partie de la distance sur le porte-bagages de la moto d'un villageois. J'ai donc été pénalisé : on m'a attribué le temps du dernier, plus une heure. » Avant de s'élancer pour son troisième Grand Raid (5e en 2007, 8e en 2005), Fabien Debaucheron ne s'était pas fixé d'objectif précis : « Je cours à la sensation. Ce raid est une façon pour moi de préparer le Marathon des Sables (27 mars au 6 avril 2009, ndlr) . » Cette année, il espère se classer parmi les vingt premiers, comme il y a deux ans, où il avait fini 19e. « Ce sera le dernier, assure-t-il. Il y a un peu trop de monde et, pour le prix de l'inscription, on peut faire deux raids. Dans le Raid Sahara, on a plus de contacts avec la population. Dans ce raid, j'avais l'impression de courir dans une carte postale... » Au-delà de la victoire, la satisfaction pour le Wattrelosien réside dans le fait d'avoir récupéré très vite : « Deux jours après mon retour, je reprenais l'entraînement. Habituellement, il me faut une semaine de repos. C'est un raid 100 % positif ! » Avant de retourner dans le désert, il s'élancera sur deux nouvelles épreuves : le 1er mars, pour ses 37 ans, le Trail Vulcain (55 km autour du Puy-de-Dôme) ; le 15 mars, le Trail des Poilus à Bully-les-Mines (54 km).


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sirius59 : Voilà en tous cas une démarche qui ne manque pas d'originalité...