Kamel Ouali fait danser son Dracula
Publié le mardi 14 février 2012 à 06h00 - PATRICE DEMAILLY > patrice.demailly@nordeclair.fr
Golan Yosef, danseur qui est passé par le Ballet de Marseille, incarne le comte Dracula dans ce spectacle familial.
Après notamment « Le Roi Soleil » et « Cléopâtre », le chorégraphe s'attaque à une figure du fantastique. Avec la comédie musicale « Dracula, l'amour plus fort que la mort », il va à contre-courant et offre le rôle principal à un danseur. Du 20 au 22 février au Zénith.
Kamel Ouali ne connaît pas la crise. Il a le public dans sa poche. Cinq incursions dans la comédie musicale pour autant de succès.
La petite dernière surfe sur cette même vague. « On a été numéro un pendant trois mois à Paris (au Palais des Sports, ndlr), tous spectacles confondus », assure-t-il. Et cela en l'absence de tubes qui squattent les ondes. Curieux paradoxe.
Le chorégraphe a mis en scène sur le plateau de la Star Academy un tableau sur le thème de Dracula. Le déclic. « C'était pour la chanson Éteins la lumière. Quand l'émission a été diffusée, j'ai reçu un message d'Axel Bauer qui avait adoré le visuel ». Kamel Ouali se penche alors sur le comte Dracula. Se documente abondamment. Et dévore le livre de Bram Stoker dont il s'inspire ici librement. Ce n'est pas sa seule influence. Évidemment le film de Francis Ford Coppola nourrit son imaginaire. Mais aussi celui de Neil Jordan, Entretien avec un vampire . « Brad Pitt et Tom Cruise jouent dans ce long-métrage. Cela a permis de casser l'image du monstre sanguinolent et repoussant » .
Peu d'obscurité dans l'approche du personnage et beaucoup de romantisme. Un homme fou de douleur avec son côté animal. Qui perd ses moyens quand il est confronté à Nina, sa bien-aimée. « Il s'agit d'une véritable histoire d'amour et de confusion des sentiments. Je me suis beaucoup inspiré du livre Vingt-quatre heures de la vie d'une femme de Stefan Zweig ».
Pas de chanteur principal. Le rôle titre est incarné par un danseur, en l'occurrence Golan Yosef. Une innovation. « Il fallait proposer quelque chose de nouveau aux gens. Je n'aime pas reproduire les mêmes choses ». Après des mois de castings vains, le chorégraphe trouve sa perle rare.
« C'était une évidence. Je fonctionne toujours par flash : c'est lui ou c'est elle ». Pour l'anecdote, la troupe de Kamel Ouali a longtemps insisté pour que ce dernier campe Dracula. Refus catégorique de l'intéressé. « Je n'avais pas envie. Cela fait un bail que je ne danse plus sur scène. Je prends plus de plaisir encore à être de l'autre côté ».
Dans cet univers gothique chic, de l'hypnose, de la 3D - des lunettes seront distribuées aux spectateurs - ainsi que des numéros d'illusion signés Dani Lary. « Je voulais que ses apparitions et disparitions ne se fassent jamais par les coulisses ». Rien dans sa démarche pour effrayer les enfants. Juste un parti pris pour fédérer les familles.
Le cerveau constamment en ébullition, Kamel Ouali a déjà trois nouvelles idées de comédie musicale dans son escarcelle. Et un projet de cinéma autour de la danse. Autobiographique ? « Pas du tout. Mon histoire est semblable à celle de Billy Elliot. Ils ont été plus rapides que moi ».
« Les 20, 21 et 22 février à 20 h au Zénith de Lille. 39 à 75 E. Rés. : Fnac et points de vente habituels.


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