Le Cirque Eloize ne manque pas d'« ID »
Publié le mardi 24 janvier 2012 à 06h00
Le spectacle «ID» est la septième création de cette troupe de cirque québécoise en constant renouvellement. Photo Albert Rudnicki
Ne pas s'attendre à la poésie éblouissante de ses précédentes créations. Le Cirque Eloize ose ici avec « ID » - spectacle auquel nous avons assisté au théâtre de Chaillot à Paris - un virage urbain qui carbure à l'énergie et à la performance. Du 26 au 29 janvier au Colisée.
PATRICE DEMAILLY > patrice.demailly@nordeclair.fr
Sirènes hurlantes. Deux lignes de passants. Qui se croisent. Personne ne se regarde. Gestuelle soudainement au ralenti. Et le ballet reprend inlassablement avant de s'interrompre par un porté acrobatique. Les corps s'enlacent, s'épousent, se repoussent.
Changement radical. Musique hip hop-electro vrombissante. Le cirque Eloize s'invite dans la rue. Affrontement de deux bandes rivales.
Évidemment, c'est un clin d'oeil à West Side Story. Démonstration de breakdance. Du déjà-vu mais ça fonctionne. Mais le Cirque Eloize a de la suite dans les ID. De l'émulation acrobatique au jeu commun d'adresse et d'équilibre, il n'y a qu'un saut que la troupe exécute de concert, oscillant entre souplesse féline et rapports de force. C'est mené tambour battant et ça file à la vitesse de l'éclair. C'est énergique et un peu fourre-tout.
Tout ce petit monde donne le ton et assure les passages de relais effrénés. Course-poursuite dans l'assistance entre un rollerman et un VTTiste. Celui-là même qui invitera, plus tard, un spectateur et lui donnera de sacrées sueurs froides.
Un constat saute pourtant aux yeux : le Cirque Eloize, qui s'amusait à échapper à toute classification précise, a perdu de sa substance poétique. Exit l'univers onirique aux accents féliniens des spectacles Rain et Nebbia. Peut-être doit-on cela au changement de metteur de scène. Daniele Finzi Pasco, parti voguer vers d'autres horizons, a laissé la place à Jeannot Painchaud, fondateur de ce cirque. Place donc ici à une implacable mécanique, proche de celle de son cousin Le Cirque du Soleil. Un kaléidoscope de prouesses techniques d'une précision remarquable et une palette de couleurs illimitée au milieu d'un décor carton-pâte. Le show déroule une suite de numéros où une épatante contorsionniste et une parenthèse de tissu aérien succèdent à un jeu de chaises qui s'empilent à des hauteurs vertigineuses. Un programme finalement assez classique mais qui donne à ID son caractère extrêmement fluide et familial. Une succession d'acrobaties vers un succès assurément planifié.
Le spectateur retient son souffle au cours du numéro final de « trampomur » (trampoline où les acrobates marchent sur un mur). De l'émotion spectaculaire.
Qui vous décoiffe. Et vous offre une poussée d'adrénaline. Un étonnant tourbillon où le plaisir naît de la performance.w


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martinwacheux : Grande déception après la victoire pour Gilles PARGNEAUX:...
sirius59 : C'est sûr que ce n'est pas très futé de la part...
sirius59 : Voilà en tous cas une démarche qui ne manque pas d'originalité...