Yodelice en terrain conquis, Florent Marchet en évidence
Publié le jeudi 14 avril 2011 à 06h00
Pour ceux qui l'ignorent encore, Florent Marchet (en haut) est un arrangeur virtuose. Quant à Maxim Nucci, leader de Yodelice, il sait emporter un public dans ses euphories. Photos Hubert Van Maele
Presque rien ne les réunit si ce n'est un sens imparable de la mélodie. En ouverture du festival des Paradis Artificiels, Florent Marchet a laissé une empreinte tenace et Yodelice a retourné le public.
PATRICE DEMAILLY > patrice.demailly@nordeclair.fr
Un noir lumineux, poétique. Un univers acide, où la fin des morceaux vous cueille sur place. Sur des mélodies catchy ou guillerettes, pleines de claviers décharnés et de guitares zigzagantes, Florent Marchet chante le tragique et la mélancolie, sans en faire des tonnes. La règle qu'il impose à son art possède une définition simple. Celle du contraste, qui emballe sur des chansons aigres-douces. Des musiques légères comme des bulles qui viennent crever la surface de notre quotidien. Des éclaircies clémentes au coeur de ses écheveaux de mots patraques. Florent Marchet joue à saute-mouton avec les styles avec une agilité scotchante, pop tonique pour La famille Kinder, sucrée pour Benjamin ou L'idole.
Pince-sans-rire, il s'arrête un court instant pour lire quelques lettres - inventées - de fans. Reprend, dans une version surprenante, Des hauts, des bas de Stéphane Eicher. Et multiplie la profusion de couleurs. Seul à la guitare, juste éclairé par un halo de lumière, il glisse Qui je suis, déchirante interrogation existentielle d'un SDF. Une chanson qui a le pouvoir ensorcelant de s'installer à vie.
Les filles ne tiennent plus en place. Elles défaillent même. Comment leur reprocher ? Maxim Nucci, chanteur de Yodelice, est beau comme ce n'est pas permis.
Il convient d'urgence d'ouvrir ce dossier d'autant que les chansons ont, elles aussi, sacrément de la gueule. Quelques constats s'imposent : Maxim Nucci possède un grain de voix hautement romanesque, les mélodies sont dictées par une écriture qui privilégie l'instinct, Yodelice s'invente un monde et y prend remarquablement ses aises. Des ballades dépouillées et spontanées (Lady in Black, Alone), des percées vaporeuses ( Insanity), des harmonies diaboliques (Shadow boxing). Des chansons pop folk d'une efficacité extrême. Et quand Yodelice joue ses titres imparables (le percutant More than meets the eye et l'entêtant Sunday with a flu), ce sont des plaines de braise qui jaillissent de partout. Espiègle et ombrageux dans le même souffle. Redoutable.w


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martinwacheux : Grande déception après la victoire pour Gilles PARGNEAUX:...
sirius59 : C'est sûr que ce n'est pas très futé de la part...
sirius59 : Voilà en tous cas une démarche qui ne manque pas d'originalité...