[PHOTOS] Tokio Hotel : « Parce que c'est ma vie »
Publié le jeudi 18 mars 2010 à 06h00
Seulement une moitié de salle pour la formation allemande qui n'a pourtant pas lésiné côté grosse machinerie. Comme l'événement n'est pas musical, nous avons suivi le concert en compagnie de trois Parisiennes acharnées.
PATRICE DEMAILLY > patrice.demailly@nordeclair.fr
On entend des cris venus d'un autre monde, le monde de l'hystérie, quand l'excitation s'empare de tous les sens et ne peut plus s'arrêter. Début du show. Le corps de Laurence, 15 ans et demi, lâche du lest, ses yeux sont grands ouverts. À ses côtés, la copine Anais et la mère Muriel.
Quarante et une années au compteur, jeam slim, mitaines, blouson en cuir, cheveux corbeaux décoiffés et khôl noir. Elles ont la mémoire des dates, disent au débotté quel jour s'est tenu le concert de Lyon en 2007. Elles ont ici tout bravé pour voir leurs dieux. La fatigue et l'attente, la distance et la foule. Quoique ce dernier critère ne soit plus vraiment d'actualité.
Les deux filles se donnent la main. Sautent comme des kangourous. Agitent leurs tubes fluorescents. Et brandissent une banderole où il est inscrit « Happy Birthday Georg (le bassiste, ndlr) ». C'est le 31 mars qu'il fêtera ses 23 printemps, mais ce n'est pas un problème, il faut avoir une longueur d'avance sur la meute et attirer l'attention. Alors, elles le suivent au pas en fonction de ses déplacements scéniques, s'engouffrent dans les endroits stratégiques. Un oeil vers le concert, l'autre sur les gamines, Muriel veille. Elle les interpelle : « Il vous a vues ». Cela mérite bien une accolade chaleureuse entre filles.
On laisse passer la première chanson (Komm) avant de poser la question. Pourquoi Tokio Hotel ? « Parce que c'est ma vie », répond Laurence avec passion, et sans plus d'explication. Elle a un rituel qui lui est propre. Elle passe quotidiennement en boucle trois albums du groupe. « Cela lui permet de tenir le coup, de surmonter tous ses tracas », dit la mère. Les membres de Tokio Hotel, ce sont donc les frères de toutes les espérances. Une ordonnance pour l'adolescence. Son préféré à Laurence, c'est Tom - guitariste et frère jumeau du chanteur Bill - mais elle n'a pas envie de devenir sa petite amie par « peur de le perdre ».
Tokio Hotel les appelle à créer des moments de communauté, instaure le culte de l'instant. Un sociologue parlerait d'aliénation générale. Textes ou musiques, la formation allemande n'a rien inventé. La mère de rétorquer : « Tokio Hotel parle des problèmes des ados sans être vulgaire et le groupe rend ma fille heureuse, c'est ça le principal ».
De qui Laurence va-t-elle rêver après être rentrée sur Paris ? « Enfin monsieur, de Tokio Hotel comme tous les soirs ». Réponse convenue à question idiote.w





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