Bertheloot, de « Baptême » à Eastwood
Publié le lundi 01 mars 2010 à 06h00
Il sera du prochain Clint Eastwood et il fait partie du jury européen du Festival. Pour nous, Jean-Yves Bertheloot revient sur ses débuts dans le monde du théâtre à Lille et sur le film qui l'a rendu célèbre : « Baptême », de René Féret.
PROPOS RECUEILLIS PAR ISABELLE RAEPSAET > isabelle.raepsaet@nordeclair.fr
Avant-hier, c'étaient les César. Ça vous rappelle des souvenirs...
>> C'était il y a 20 ans, mais c'est vrai que c'est le genre de chose dont on se souvient. J'avais été nommé pour Baptême. Mais ce soir-là, c'est Yvan Attal qui l'a eu.
Y a-t-il eu un avant et un après « Baptême » ?
>> J'avais fait des choses avant. J'avais tourné avec Manuel de Oliveira et Bertrand Blier, pour Tenue de soirée. Mais avec Baptême, c'est un rôle magnifique qui m'arrivait, 75 jours de tournage, qui plus est dans ma région! Oui, Baptême est un film qui m'a profondément marqué, mais qui a aussi marqué les gens, je crois. Aujourd'hui encore, je rencontre des gens qui l'ont vu et qui m'en parlent.
Avec « La Ronde des Flandres » aussi, vous avez tourné dans votre région.
>> Oui même si, pour être honnête, on a tourné 3 ou 4 semaines à Sofia et une seule à Condé-sur-l'Escaut. Il y avait des questions de budget : avoir un stade rempli de 300 figurants, en France, ça aurait coûté bien trop cher ! Mais bon, c'est ça, la magie du cinéma : on fait croire que l'action se passe dans un château alors qu'en fait on a tourné dans un minuscule studio...
Vous êtes natif de Saint-Omer.
>> Oui. J'ai fait des études d'anglais, puis le Conservatoire de Lille. En fait, un jour, j'ai rencontré le théâtre amateur et ça ne m'a plu lâché. En même temps, le théâtre amateur ne me suffisait plus. Et comme il n'y avait aucun boulot qui m'intéressait... Le théâtre est donc devenu un métier. J'ai fait partie de la compagnie de la Salamandre (devenu ensuite le Théâtre du Nord, ndlr).
On faisait de beaux spectacles, on allait jouer à Paris, ça a été mon ticket d'entrée dans le métier. Ça a duré 5 ans. Après, j'ai eu envie de faire autre chose. La vie de troupe, c'est bien mais ça peut parfois aussi être difficile à gérer. Il faut rencontrer d'autres gens.
On vous a plus vu à la télé qu'au cinéma.
>> Après Baptême, les gens m'ont dit : tu vas exploser au cinéma. Et puis rien... Alors c'est vrai que j'ai fait beaucoup de télé, mais je n'ai jamais pris ça pour un genre mineur. Si on a envie que ce soit de qualité, ça peut l'être et certains téléfilms ont bien plus d'intérêt que ce qu'on voit sur grand écran. Glenn Close avec Damages tourne dans une série de très haute qualité. Et Marthe Keller, qui fait partie elle aussi du jury de ce Festival, avec Le Lien a eu un rôle exceptionnel grâce à la télé.w Retrouvez le programme du Festival du film européen en page 42.






