Petits dej de Nord Éclair

Alain Cacheux : battu mais pas défait

Publié le 22/09/2012 à 00h00

Il avoue s'être un peu emballé entre les deux tours des législatives. Alain Cacheux a cru pouvoir battre l'UMP Sébastien Huyghe, tombeur de Martine Aubry en 2002. Il y aurait eu là du panache et du symbole. Mais la 5e circonscription du Nord, historiquement de gauche, a évolué et glissé de l'autre côté. Faute de siège à l'Assemblée, Alain Cacheux apprécie d'avoir plus de temps pour lui et ses autres mandats. Bientôt un autre, à la tête des HLM ?

Alain Cacheux : battu mais pas défait
Il avoue s'être un peu emballé entre les deux tours des législatives. Alain Cacheux a cru pouvoir battre l'UMP Sébastien Huyghe, tombeur de Martine Aubry en 2002. Il y aurait eu là du panache et du symbole. Mais la 5e circonscription du Nord, historiquement de gauche, a évolué et glissé de l'autre côté. Faute de siège à l'Assemblée, Alain Cacheux apprécie d'avoir plus de temps pour lui et ses autres mandats. Bientôt un autre, à la tête des HLM ?


PROPOS RECUEILLIS PAR CÉLINE DEBETTE ET FLORENCE TRAULLÉ > region@nordeclair.fr. PHOTOS : THIERRY THOREL

Vous avez été battu aux élections législatives. Comment l'avez-vous vécu sur le coup ?


>> De manière vraiment très sereine car j'avais le sentiment d'avoir fait tout ce qu'il fallait. J'ai mené six mois de campagne acharnée, ça a d'ailleurs été l'occasion de régénérer un certain nombre de sections socialistes sur le secteur.

Avant que Martine Aubry n'y soit battue en 2002, la 5e circonscription du Nord était historiquement un bastion de gauche, donc gagnable pour vous ?
>> Comme la 3e circonscription dont j'étais député a été supprimée suite au redécoupage, l'hypothèse d'une candidature sur la 5e s'est présentée. On m'a sollicité mais je voulais le feu vert de Martine Aubry. En 2009, elle m'a dit : « C'est une très bonne idée mais tu vas voir, c'est compliqué. » La 5e évoluait à droite. Aussi vite, et peut-être même plus que la 3e, réputée bastion de droite mais que j'avais gagnée, évoluait à gauche. Mais c'était jouable dans l'hypothèse d'une victoire socialiste à la présidentielle. J'ai donc été extrêmement prudent jusqu'au soir du premier tour.

Où là, vous y avez cru ?
>> Je me suis un peu emballé entre les deux tours... Finalement, j'ai récolté 48,6 % des suffrages, battu de 1 500 voix. L'électorat de droite s'est réveillé et a corrigé le résultat du premier tour qui devait lui paraître excessif. On disait partout que c'était gagné largement pour Hollande et qu'il aurait même la majorité absolue à l'Assemblée. L'électorat MoDem ne s'est pas déplacé et nous a fait payer le traitement réservé à François Bayrou qui avait appelé à voter Hollande et contre lequel on a maintenu un candidat aux législatives. Enfin, concernant l'électorat du FN, soit il n'a pas voté au second tour, soit, pour ceux qui se sont exprimés, ils ont massivement voté pour le candidat UMP, Sébastien Huyghe.

Comment se recale-t-on, dans sa tête et dans sa vie, après une défaite électorale ?
>> On est déçu. Mais, le soir du 17 juin, je me suis dit : « Les électeurs m'ont rendu du temps. » Et comme dit Pierre Mauroy, « le temps est la denrée la plus rare dans la vie ». Je refais du sport, je ne viens plus boucler mes dossiers en cours le dimanche matin à la communauté urbaine. Et puis je connais les contraintes à l'Assemblée, notamment quand on est majoritaire. Il faut être là en permanence, même dans des débats auxquels on ne connaît rien. « Faire la loi » est un travail très spécialisé et on n'est pas spécialiste en tout.

Vous êtes candidat à la présidence de l'Union des HLM. Pourquoi ?
>> C'est une évolution logique. Je suis investi dans le mouvement HLM depuis plus de vingt ans. En 2010, j'ai été élu président de la Fédération nationale des offices publics de l'habitat qui représente 270 organisations et plus de 2 millions de logements. Thierry Repentin ayant été nommé ministre, la place à la tête de l'Union sociale pour l'habitat est donc vacante. La Fédération a voulu que je fasse acte de candidature. J'ai deux concurrents, le vote aura lieu le 28 novembre.

Une loi sur le logement arrive et Audrey Linkenheld en sera le rapporteur. Quel est son principal levier ?
>> Le foncier, c'est déterminant pour atteindre l'objectif de 500 000 logements construits par an dont 150 000 logements sociaux le plus vite possible. Il faut, bien entendu, des plans de financement, car on fabrique encore trop cher, mais aussi des terrains à prix abordables. Souvent, il y a du foncier disponible mais hors de prix pour les offices HLM. La mise à disposition de terrains appartenant à l'État est une condition non pas suffisante mais nécessaire.

Porter le seuil obligatoire de logements sociaux dans une ville à 25 %, c'est réaliste ?
>> La pénalisation des communes, c'est très utile mais quand j'étais en charge de la délégation logement à la communauté urbaine de Lille, je me suis rendu compte que les communes concernées étaient plutôt volontaires, au fond. À quelques exceptions près, quand même... Les maires de ces communes sont désormais aussi confrontés au problème des enfants de leurs administrés plutôt aisés qui, eux, n'arrivent pas à se loger dans leur commune. Et je crois que ces maires en avaient marre d'être stigmatisés. Au fond, pour les « très très » récalcitrants, il faudrait quintupler les pénalités !

Combien de personnes sont en attente d'un logement social dans la région ?
>> 120 000, avec les demandes de mutation qui représentent 25 % de ce chiffre.

Avec quel délai d'attente en moyenne ?
>> Les délais d'attente, ça n'a pas grand sens. Ils n'ont rien à voir selon que vous demandez un petit ou un grand logement. Les grands sont rares. Cela dépend aussi du quartier ou de la ville que vous demandez.

Pensez-vous vraiment qu'en temps de crise, Cécile Duflot, la ministre du Logement, aura les moyens de ses ambitions ?
>> Je l'espère. En tout cas, les premières décisions sont bonnes. Notamment la fin du prélèvement sur les organismes HLM décidée par Benoist Apparu, ministre du Logement de Sarkozy, en 2010, afin de payer les dettes de l'État à l'ANRU (Agence nationale de rénovation urbaine, ndlr). C'était acté pour 2013 mais le Sénat vient de voter la suppression du prélèvement dès 2012 qui devait intervenir le 15 octobre. Je n'imagine pas que des députés de gauche ne confirment pas cette décision, même contre l'avis de Jérôme Cahuzac.

Tous les ministres lui en veulent, vu qu'il doit imposer des économies partout...
>> Il n'a pas la tâche facile. Trouver 33 milliards d'euros...w

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