Quand et comment a commencé l'aventure Unesco ?
>> L'association BMU a été lancée en 2003 par Jean-François Caron. Moi, je suis arrivée dans ce projet deux ans plus tard. Au début, comme tout le monde, je trouvais ce prestigieux label complètement hors de portée et, en même temps, je me suis dit : « Et pourquoi pas ? » En plus, je ne connaissais pas du tout le bassin minier, je suis donc arrivée vierge de toute idée préconçue. J'ai appris à le découvrir et j'ai construit ma propre philosophie au fil des rencontres.
Quels ont été les principaux obstacles à surmonter ?
>> Quand je suis arrivée, j'ai le souvenir d'une phase où l'on se rend compte que c'est plus compliqué que ce qu'on imaginait. On commençait à réaliser l'ampleur de la tâche et puis il a fallu convaincre le ministre de la Culture. Ça n'a pas toujours été facile, il y a eu des moments d'abattement... Le plus dur à vivre a été le report de l'examen du dossier l'an dernier. Car la France ne peut présenter que deux dossiers par an à la session du comité du patrimoine mondial et en 2011 il y en avait trois... Pour des raisons politiques, l'État a donc décidé de présenter les Causses et Cévennes et Le Corbusier. Je me souviens encore du coup de fil le matin du 1er février. C'est moi qui l'ai reçu... Ça a été très dur car on était sur la fin. On a eu l'impression qu'on nous coupait net dans notre élan. Mais aujourd'hui, c'est digéré.
Est-ce que cet écueil ne vous a finalement pas permis d'être au top un an plus tard ?
>> Si car il y a eu une telle levée de boucliers que ça a ressoudé les gens qui, jusqu'alors, regardaient ça d'assez loin. C'est la force de cette région : il y a eu une solidarité devant l'injustice.
Dix ans de travail pour un dossier de 15 kg... Quand vous regardez le chemin parcouru, seriez-vous prête à le refaire ?
>> Oui, je signe tout de suite. C'est une expérience unique dans une vie professionnelle par la nature même du projet, mais aussi pour l'aventure collective, car BMU n'est qu'une partie immergée de l'iceberg. Nous avons travaillé avec plein d'autres personnes. Et puis je me suis complètement attachée à ce territoire. Les gens méritent qu'on se batte pour eux. Je suis fière de contribuer au renouveau de ce territoire et je le serai plus encore si on est inscrit.w