« Le dialogue permet de faire reculer le sexisme à l'école »
Publié le lundi 30 janvier 2012 à 06h00
PROPOS RECUEILLIS PAR BRUNO RENOUL > bruno.renoul@nordeclair.fr L'observatoire départemental des maltraitances organisait, la semaine dernière, une journée de sensibilisation à la prévention des violences sexuelles, sexistes et homophobes chez les jeunes.
Entretien avec Michel Gilloen, conseiller général du Nord délégué à cette question.
Quelle était l'objet de cette journée de sensibilisation ? Le sexisme à l'école, c'est fréquent ?
>> L'observatoire des maltraitances s'ouvre à toutes les populations, les enfants, les couples, les personnes âgées... Et sur ce thème des violences sexistes, cette journée a servi à restituer une action que nous avons menée dans les collèges du département, en direction des élèves. Les violences sexuelles, le sexisme, l'homophobie, ce sont des problèmes qui existent même à cet âge-là.
En quoi a consisté cette action dans les collèges ?
>> Nous sommes allés dans plusieurs collèges, dont le collège Molière à Villeneuve d'Ascq. C'est le Planning familial qui a géré cela. Il s'agissait de savoir quelle perception avaient les élèves des rapports entre garçons et filles. Des questionnaires ont été remis à tous les élèves, ils se sont aussi regroupés par classes. Ils notaient leurs pensées sur des post-it et tout cela a été ensuite analysé.
Et qu'est-ce que ça donne ?
>> Dans l'ensemble, c'est plutôt sympathique (lire résultats ci-dessous, NDLR). Les élèves sont plutôt optimistes sur ces relations, et les garçons le sont encore plus que les filles. De manière générale, je ne suis pas très surpris par ces résultats.
Mais ce qui est étonnant, c'est que moi qui ai 66 ans, j'ai l'impression que ça ressemble beaucoup à ce que j'ai connu quand j'étais adolescent. Sauf qu'à notre époque, la mixité n'existait pas !
Et la mixité, est-ce un sujet pour cette étude ?
>> On en a beaucoup parlé, évidemment, mais il n'est pas question de revenir là-dessus. Ce qui est marquant, c'est que les élèves arrivent au collège avec une identité sexuelle qui s'affirme par opposition à l'autre sexe.
Quand vous regardez une classe de 6e, c'est comme si la mixité n'existait pas ! Les garçons sont en bandes de garçons, les filles en bandes de filles, les deux ne se parlent pas ou peu. Et la mixité n'a jamais empêché ça. La violence scolaire est en grande partie liée à l'identité sexuelle. La personnalité s'affirme pendant la puberté, et plus ils grandissent, plus ils se rapprochent. Il y a une évolution qui est positive.
Mais cette vision n'est-elle pas un peu idéaliste ? Il y a quand même beaucoup d'écoles où il est difficile d'être une fille qui s'assume, qui s'habille comme elle veut...
>> L'objectif est d'aller vers plus d'égalité entre les sexes, en en parlant le plus tôt possible.
Quand on parle de violences scolaires, c'est souvent parce qu'il y a un manque de communication entre les élèves. Il y a du mépris pour les filles, jusqu'à ce qu'un dialogue s'installe. Le sujet n'est pas facile à aborder, car il faut un climat de confiance qui est délicat à instaurer. Mais une fois que c'est parti, c'est parti...
À quoi va servir cette étude ?
>> Cela nous sert déjà à nous, pour observer ce qui se passe. Ensuite, l'idée est d'envoyer les conclusions à tous les chefs d'établissements, cela peut les aider dans leur quotidien.w
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Quand vous regardez une classe de 6e, c'est comme si la mixité n'existait pas ! Les garçons sont en bandes de garçons, les filles en bandes de filles. La mixité n'a jamais empêché ça.



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