Triple A : à qui la faute ?
Publié le mardi 17 janvier 2012 à 06h00
À écouter la radio, à regarder la télé, à lire les journaux, à prendre connaissance des déclarations des hommes politiques, nous n'arrivons pas à nous faire une idée sur qui porte la responsabilité de la dégradation de la note de la France.
Remettons les choses à leur juste place, il n'est pas question de chercher un bouc émissaire qui porterait sur ses épaules tout le poids de cette perte d'un triple A qui faisait, jusqu'à la fin de la semaine dernière, fonction de talisman ou de trésor national. Mais plus simplement de comprendre quelles dérives nous ont amenés à changer de division.
À en croire la majorité, le quinquennat n'est pour rien dans cette sanction et il faudrait se retourner trente années en arrière pour comprendre la baisse d'appréciation de l'économie française. Visés, les mandats de Mitterrand et de Chirac, et le gouvernement Jospin.
Quant à l'opposition de gauche, elle partage son point de vue entre une lourde faute imputée au chef de l'État et à son gouvernement et celui, plus radical, d'une condamnation sans appel des agences de notation elles-mêmes.
Bref, si nous ne prenons pas la peine d'y regarder de plus près, nous sommes Gros-Jean comme devant. Personne ne serait responsable. Et les éléments de langage communiqués par les états-majors politiques - et plus particulièrement ceux de l'Élysée et de l'UMP qui induisent encore plus de confusion à vouloir masquer la difficulté conjoncturelle pour le candidat Sarkozy - ne clarifient pas les données du problème.
En gros, que savons-nous ? D'abord que, depuis plus de trente ans, la France n'a pas présenté un budget à l'équilibre, ce qui justifie amplement l'idée d'une responsabilité collective de ceux qui ont administré le pays. Ensuite que la crise financière que nous traversons encore a aggravé le déficit budgétaire. Et enfin que le déficit s'est considérablement accru pendant le mandat de Nicolas Sarkozy, en raison d'une politique fiscale qui a eu une fâcheuse tendance à réduire les ressources de l'impôt au moment où nous en avions le plus besoin.
Donc, s'il faut imputer aux gouvernements successifs une lourde responsabilité dans la dégradation de vendredi dernier, on ne peut exonérer pour autant celle qui échoit à ceux qui sont aux affaires et qui ont eu le temps d'un mandat pour prévenir ce risque et protéger la France de cet « affront ».
Reste un dernier responsable, il s'agit des agences de notation. Elles évaluent - et cela ne veut pas dire que le thermomètre serait nécessairement mauvais - sans prendre en compte les réalités de long terme. Si tel avait été le cas, elles auraient constaté que notre pays a des atouts et une capacité à rembourser la dette émise sur les marchés internationaux.w



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