Le retour de l'« affaire Woerth » et la rentrée politique
Publié le lundi 30 août 2010 à 06h00
Le gouvernement avait voulu la pousser sous le tapis comme une vulgaire poussière. L'affaire Bettencourt-Woerth a été tout au long de l'été remplacée par les questions de sécurité puis, plus récemment, par l'expulsion des Roms.
Et voilà qu'à la fin du mois d'août, qui annonce un automne chaud, l'affaire reprend ses droits à la Une des journaux. Les révélations se suivent et se multiplient.
La rentrée s'enrichit d'un nouveau problème. Il ne devait être question que de la réforme des retraites. Il fallait traiter de façon drastique le déficit budgétaire, faute de quoi cette hydre abstraite que sont les marchés financiers pourrait réviser la note de notre pays à la baisse. Il fallait, au pouvoir, sortir de la dangereuse polémique sur l'expulsion des Roms et sur la brutalité du discours sécuritaire. Et n'omettons pas le remaniement ministériel qui pose à l'hôte de l'Élysée plus de difficultés que prévu.
L'agitation tous azimuts, la communication à tour de bras devaient éradiquer l'affaire Woerth pour qu'enfin puissent se traiter les vrais dossiers. Que nenni ! L'affaire revient par la fenêtre et ce n'est pas la possible traduction du ministre du Travail et des Affaires sociales devant la Cour de justice de la République par le procureur général Nadal qui est de nature à calmer la tempête. D'autant qu'au fil de l'enquête journalistique, la confusion des genres dans les fonctions occupées précédemment par Éric Woerth - Budget et finances de l'UMP - tend à montrer que les choses apparaissent moins claires qu'au début de l'été. Et comme le dossier spécifiquement Bettencourt ne cesse de nourrir la chronique quotidienne, difficile d'imaginer que l'affaire disparaisse des écrans des médias. Et donc de l'intérêt de l'opinion publique.
Comment le Président compte-t-il pouvoir traiter le dossier des retraites avec un ministre sous la loupe des observateurs, non pas sur les retraites elles-mêmes, mais à l'aune du fait divers financier ? Comment peut-il faire de cette réforme - difficile de toute façon, et de plus contestée par une large partie de l'opinion - le changement emblématique de son quinquennat avec un ministre en voie de démonétisation ? Comment pourra-t-il gérer l'ensemble des contradictions apparues cette année alors qu'elles arrivent à leur point culminant ?
L'affaire Woerth qui devait s'éteindre d'elle-même est devenue une mèche lente qui n'attend que la rencontre avec une situation explosive pour déclencher une tornade. L'habileté politique est insuffisante face à un tel noeud de problèmes. Le remaniement ministériel prévu pour octobre semble bien tardif face aux enjeux et aux perspectives qu'ouvre le retour de l'affaire sur le devant de la scène. Les questions à traiter sont trop complexes pour qu'une équipe fatiguée par un activisme échevelé et une crise économique qui se refuse à mourir puisse y faire face.w



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lorenzo : 4 bidons villes roms de Tourcoing (Union, friche Thirion,tour...
lorenzo : Bonjour ,Dans votre article vous n'abordez pas d'autres...
jeanALille : moi ça me rappelle la scène dans le film Intouchables...
sainte justice : Plus de 40% des soit disantes "Réformes" de L'U M P depuis...