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Identité nationale, suites mais pas fin...

Identité nationale, suites mais pas fin... Identité nationale, suites mais pas fin...

Pour présider la HALDE, la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité, il conviendrait, selon Gérard Longuet, d'être membre d'une catégorie spécifique de Français.



Cette catégorie qu'on nomme « Français de souche » par opposition aux nationaux plus récents, le plus souvent issus des conséquences de l'immigration, « les Français de branches » comme ironisait Azouz Begag. Pour un élu de la République, qui plus est chef de la majorité présidentielle à la Chambre haute, l'erreur juridique est de taille : il n'y a en France que des Français, quel que soit le mode d'acquisition de la nationalité ou l'antériorité de celle-ci. C'est pourquoi, s'agissant de Malek Boutih, sollicité semble-t-il pour remplacer Louis Schweitzer, il n'y avait pas - du point de vue de la nationalité de ce dernier - le moindre doute car il est né en France et est de nationalité française.
Erreur juridique donc, qui se double d'une faute politique. Gérard Longuet, « agacé » comme nombre d'élus et d'électeurs UMP par la place fort large que le président de la République fait aux hommes de gauche dans les nominations aux instances indépendantes du pays, n'aurait dû se plaindre que de ce fait. C'était un point de vue politique et rien d'autre. Donc recevable. Or l'argumentaire du sénateur lorrain a reposé sur une appréciation subjective et, ce faisant, a porté atteinte aux spécificités du vivre ensemble républicain. Faute politique doublée d'une faute morale.
Faute morale, car la société française, en pleine recomposition, est fragile. Le consensus national repose sur un respect scrupuleux, de la part des élus de la nation, des fondements historiques et politiques de la République. Il n'y a pas chez nous de Français de 1ère , 2e ou 3e classe. Gérard Longuet aurait pu disqualifier cette possible candidature au nom de la compétence de M. Boutih, au nom de ses fonctions politiques ou de son appartenance partisane, mais en aucun cas sur la « fraîcheur » de l'appartenance de sa famille à la communauté nationale, et encore moins aux origines géographiques de ses parents.


Erreur juridique, faute politique et faute morale de la part d'un ancien ministre, d'un politique madré, d'un homme d'expérience, comment cela est-il possible ? Deux raisons au moins émergent aujourd'hui. La première, inquiétante à tous égards, c'est un repli collectif de la nation sur ses valeurs les plus rances - la terre, le sang, l'hérédité - qui font qu'un racisme ambiant est toléré. La deuxième est plus politique : le débat sur la question de l'identité nationale, qui n'avait pas lieu d'être, a ouvert les vannes à ce refus de l'autre évoqué plus haut. On l'a constaté lors de la campagne des régionales en Île-de-France avec l'affaire Soumaré. On retrouve peu ou prou la même problématique à quarante-huit heures d'un scrutin bien compliqué pour le camp du Président. Le plus inquiétant, c'est que cet air nauséabond aura probablement des suites dans les mois à venir.w


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