Interview du jour

Dans le poisson tout est bon, dans les algues aussi

Publié le 11/06/2009 à 00h00

PROPOS RECUEILLIS PAR MATHIEU HÉBERT > mathieu.hebert@nordeclair.fr L'Institut Pasteur de Lille travaille avec les pêcheurs et des industriels de la filière halieutique. De ces travaux naissent de nouveaux ingrédients marins qui ont des vertus sanitaires, explique le docteur Jean-Michel Lecerf. Mais ces développements assureront un meilleur futur aux pêcheurs.

Dans le poisson tout est bon, dans les algues aussi
PROPOS RECUEILLIS PAR MATHIEU HÉBERT > mathieu.hebert@nordeclair.fr L'Institut Pasteur de Lille travaille avec les pêcheurs et des industriels de la filière halieutique. De ces travaux naissent de nouveaux ingrédients marins qui ont des vertus sanitaires, explique le docteur Jean-Michel Lecerf. Mais ces développements assureront un meilleur futur aux pêcheurs.



L'Institut Pasteur de Lille travaille avec des industriels et d'autres chercheurs sur les ingrédients marins. Qu'entend-on par ce terme ?
>> Cela désigne tout ce qui est tiré des produits de la pêche et qui n'est pas directement comestible dans votre assiette, comme la tête ou la peau du poisson. Ces ingrédients peuvent être ensuite intégrés à des boissons, des gélules pour des compléments alimentaires ou bien d'autres choses. En clair, la chair du poisson n'est pas un ingrédient, mais un nutriment.



Comment vous êtes-vous intéressé à cette problématique ?
>> En tant que nutritionnistes, nous nous intéressons à ces questions. On travaille depuis longtemps sur le poisson, moi sur les acides gras. Nous avons été dans ce sens associés depuis longtemps à la filière halieutique. Il y a cinq ans, nous avons mené une étude clinique sur l'hydrolysât de cartilage et montré que le calcium de cet ingrédient était aussi bon que le calcium laitier.

Quelles applications peuvent être données à ce genre de recherches ?
>> Elles touchent différents domaines de la santé et de la médecine. Cela concerne l'ostéoporose par exemple, pour des personnes qui ne peuvent consommer, par intolérance ou par refus, des produits laitiers. Cela a aussi des impacts sur le métabolisme et l'élévation de la glycémie pour des personnes atteintes de diabète. Autre application : des petites molécules qui ont des effets sur le stress et la pression artérielle. De nombreuses études sont en cours.

Vous avez récemment présenté à Paris ces travaux avec des représentants du pôle Aquimer, qui réunit la filière pêche régionale. Sont-ils méconnus ?

>> On parle généralement négativement de la pêche et des risques de surpêche. Nous avons montré ensemble que ces produits innovants pouvaient être une solution nouvelle pour mieux rémunérer les pêcheurs tout en épargnant la ressource. On peut valoriser tous les produits de la pêche. La mer est une ressource importante mais pas inépuisable. Il faut que les pêcheurs deviennent en quelque sorte des cultivateurs de la mer, qu'ils puissent entretenir plutôt qu'épuiser la mer. Pour cela, il est important de rémunérer leur travail.

Quels seront les futurs développements ?
>> On s'intéresse aux oméga 3 qui ont des effets intéressants sur la santé cardiovasculaire et la santé oculaire On pourra aussi valoriser les algues et micro algues dans ce domaine. Elles pourraient être cultivées ici. C'est une alternative à la ressource halieutique.
On pourra aussi valoriser les algues
et micro algues dans ce domaine. Elles pourraient être cultivées ici.
C'est une alternative à la ressource halieutique.

Nord Éclair