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Les DOM, et le chapeau colonial

Les DOM, et le chapeau colonial Les DOM, et le chapeau colonial

PATRICK PÉPIN Sur la crise sociale des Antilles françaises, nous entendons ou nous lisons tous les jours des choses proprement inouïes.



La pire d'entre toutes est très probablement celle qui consiste à rappeler le coût de l'outre-mer pour le contribuable hexagonal. Avons-nous seulement une fois, dans notre vie de citoyen, écouté un politique, un journaliste ou un expert, donner des chiffres qui mettent en relief ce qu'est l'effort de la collectivité nationale à l'endroit des départements métropolitains qui souffrent ou ont souffert de la crise industrielle dans les années 80 ? Nous a-t-on une seule fois cité les efforts que fait la Nation pour tel ou tel département rural très enclavé ? Jamais ! Mais vraiment jamais ! Or, dès qu'il s'agit de la Guyane, de la Martinique ou de la Guadeloupe, personne ne semble méconnaître une batterie de chiffres à rendre fou un trader de Wall Street. Le luxe de détails étant éblouissant. Qu'on arrête ! Les départements d'outre-mer sont des départements français à l'égal des autres, et il y a une règle du droit commun de la République qui veut que tous les citoyens soient traités par les services publics à égalité, et ce quelle que soit leur localisation. Qu'on soit de Maubeuge ou d'un village de la vallée d'Aspe, nos droits sont les mêmes. Or, nous savons bien que certaines petites communes disposent d'infrastructures bien supérieures aux moyens financiers dont elles disposent. Dans son goût pour l'égalité de tous, la République, bonne mère, pourvoit aux besoins de tous ses citoyens. Et certains coûtent plus chers que d'autres. Alors, on a du mal à suivre ces idéologues qui voudraient que la France ait des bouts de son territoire dans l'Atlantique ou dans l'Indien, le tout sans débours. Cette humiliation qu'ils infligent aux « Domiens » à rappeler subventions ou autres « avantages » liés à la continuité territoriale est inutile. Impropre. Dangereuse.
Autre lieu commun qui fait florès : ces gens-là sont indépendantistes ! Comme si les points de vue politiques des fonctionnaires, des patrons, des ouvriers agricoles, des chômeurs ou des jeunes surdiplômés sans emploi étaient homogènes. Traite-t-on de façon spécifique et nous donne-t-on une myriade de chiffres s'agissant de régions ou de départements métropolitains ayant des minorités nationalistes ou autonomistes, tels la Bretagne, le Pays Basque, la Catalogne ou l'Occitanie ? La réponse est là encore : non !
Et last but not least : « mais l'esclavage est terminé depuis plus de 150 ans », sous entendu : « de quoi se plaignent-ils ? ». Est-ce trop demander à tous ces « accros » du bon sens élémentaire que de jeter un coup d'oeil attentif, à l'occasion de leur prochain séjour aux Antilles, et de ne pas s'interdire de ressentir - ce que le rédacteur de ces lignes qui a fait du journalisme pour l'outre-mer a pu éprouver - que beaucoup des « Blancs Pays » ou des « métros », sans porter ostensiblement un chapeau colonial sur la tête, l'ont en fait caché au fin fond d'eux-mêmes ? Subterfuge qui n'échappe pas aux descendants des esclaves. Bref ! Y'a du boulot !


www.nordeclair.fr


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Didou a écrit le Mar 5 2009, 04:21 AM
Tout n'est pas si simple !
En effet ce n'est pas tant le montant des subventions qui est reproché aux Doms mais l'utilisation et le manque de résultats (équipements, chômage...); étant de gauche, je pourrais admettre la politique de pléthore de personnels (collectivités territoriales, mais aussi dans le privé) comme moyen de lutte contre le chomage et donc la pauvreté, si elle avait pour résultat un service au top ; or c'est le contraire ! ça paralyse tout et fait monter les coûts ((voir l'Expansion du 26.04.06 sur les dockers de Fort de France à 6000€/mois); de même l'indépendantisme n'est pas une tare, si on l'assume jusqu'au bout, mais râler sans cesse contre l'état tout en lui demandant tjs plus et voter contre plus d'autonomie n'a rien de logique; enfin sur l'esclavage, avez déjà entendu certains Antillais parler des Guyanais, ces "singes des forêts" (ces derniers traitant de même leurs immigrés clandestins) ? la nécessité de penser qu'il y a tjs quelqu'un d'inférieur a déjà été analysée...sans même parler

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mimoinmi a écrit le Mar 4 2009, 06:11 AM
Ah quand meme
Enfin un papier equilibre. Je deseperais d'en trouver un. Juste une remarque l'esclavage est aboli depuis 160 ans mais c'est tout le monde qui le cache au fond de lui meme et c'est pourquoi l'explosion est si vive. Pour le reste merci. Un guadeloupeen

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