Un duo qui fait la force de cet étrange film
Publié le mercredi 12 août 2009 à 06h00
Atmosphère, atmosphère, est-ce qu'il a une gueule d'atmosphère ? Eh bien oui. « Demain dès l'aube », de Denis Dercourt, s'appuie sur deux choses : ses acteurs, et l'étrangeté de cet univers de faux soldats napoléoniens.
Car l'univers de ces « reconstitueurs » s'y prête. Ils reconstruisent entre eux, dans les forêts et les châteaux, une bulle hors du temps, où on parle déférence à l'empereur et duels d'honneur. Une passion, hors de la réalité qui envahit la vie de Paul. Sa mère, malade, demande donc à son ainé, Mathieu, de veiller sur lui, de le sortir de ce monde imaginaire.
Mathieu accepte, mais se trouve vite happé lui aussi par les « rôlistes », leurs règles et leurs univers.
Quant à nous, spectateur, on se trouve vite embringué dans cette histoire. C'est qu'au-delà de cet univers et de son ambiance étrange, remarquablement mise en scène par Denis Dercourt, on s'attache à ces deux frères. Et si l'empathie est immédiate, elle a une raison simple : leur talent. Jérémie Renier, on l'avait déjà vu... Mais avouons qu'on avait presque oublié que Vincent Perez pouvait être un bon, un très bon acteur. Tout en retenue, en intensité, il nous scotche, nous épate. Il rend crédible cet univers, cette histoire de fous, de famille, et de fraternité. Il est notre porte d'entrée dans le film, dans ce monde, et il est un guide magnifique. Si le film n'est pas exempt de défauts, il n'en vaut pas moins le détour, pour renouer, enfin, avec un grand acteur.
F.D.





