Le hammam Kechmara, délice oriental
Publié le dimanche 25 janvier 2009 à 06h00
Rue des Postes, à Lille, il y a une adresse rare. Le meilleur hammam de la métropole, sans conteste. Le plus luxueux aussi, il faut bien le dire. Suivez-nous dans son monde ouaté tout en volupté...
FLORENCE TRAULLÉ > florence.traulle@nordeclair.fr
La porte poussée et, derrière, un autre monde. Le silence, d'abord. Le sourire, tout de suite. Et puis, ces tons ocre qui apaisent l'oeil, la délicatesse des fers forgés, les petites bougies, la décoration qui sait ne pas être tapageuse. Bienvenue au hammam Keshmara. Le peignoir est moelleux, comme il se doit. Direction les pièces d'eau du hammam. Une chaude brume vous enveloppe. Il faut que l'oeil s'habitue pour découvrir les mosaïques au mur.
Pour les non-habituées, pour celles qui ne sont pas nées sur ces rives de la Méditerranée où le hammam est un rite, quelques explications s'imposent. Elles vous sont données avec une gentillesse naturelle.
Commencer par s'allonger sur une dalle chaude. « Pour dénouer le dos », explique une des employées. Rester un quart d'heure, vingt minutes, juste à ne rien faire. C'est presque déroutant ce temps qui flotte dans un cocon ouaté. Trois amies venues ensemble papotent tranquillement et vont se rafraîchir régulièrement aux douches. Elles attendent le massage. Elles sont déjà passées par la phase gommage du corps, précédé d'un enveloppement d'un mélange d'huile d'olive et d'eucalyptus. Il faut juste se laisser faire, se laisser enduire. Et attendre encore que la peau soit prête. On en ressort douce comme un galet, avec le sentiment d'être lavée comme jamais. Extérieur et intérieur. Un délice.
Entre silences et confidences
Si vous optez pour le soin Marrakech, vous aurez droit ensuite au massage à l'huile d'Argan, cette huile marocaine à l'odeur subtile. Mais, avant, une nouvelle pause dans la salle de repos, en clair-obscur, le temps d'un thé à la menthe et d'une clémentine. On ne court pas ici, on laisse filer les minutes, l'esprit flotte, le corps lâche prise. D'autres, qui ont choisi de venir à plusieurs, se relaxent à l'autre bout de la salle de repos, suffisamment grande et bien agencée pour qu'on y soit tranquille sans être perdue dans l'espace de cette ancienne salle de sport.
Le hammam, entre femmes, c'est un moment à part. Entre silences et confidences. L'intimité des corps ouvre celle des coeurs. « C'est un moment très particulier que l'on s'offre », précise Souad Zelmat, qui a ouvert les lieux en juillet2007. Elle a fait le choix du haut de gamme. Ici, on ne reçoit que sur rendez-vous. « Pas de remplissage ». Le bouche-à-oreille fait le reste.
Le hammam Keshmara, beaucoup se le font offrir. Un vrai cadeau, de ceux qu'on hésite à se faire. « Pour les fêtes de fin d'année, il y avait beaucoup de monde. C'est plus tranquille ces jours-ci », poursuit la jeune femme qui vous masse avec ce qu'il faut de fermeté pour que ça fasse vraiment du bien. Les tensions se dénouent, les muscles se lâchent. Elle dit aussi qu'elle apprécie de travailler dans un lieu aussi beau, qu'elle a choisi le massage parce qu'elle aime ça et ça se sent. Presque trois heures ont filé et surtout pas envie de les rattraper.
L'après-midi s'est étirée. Dehors, la nuit est presque tombée sur Lille. On repousse la porte, on retrouve le bruit de la circulation presque étonnée, mais avec une lenteur inhabituelle, entre engourdissement et légèreté. Une impression de flotter encore entre deux mondes. Une bulle de bien-être qui prend son temps pour s'évaporer. Elle laisse ses traces, discrètes et secrètes.
Cela s'appelle se faire du bien. C'est précieux.


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sirius59 : C'est sûr que ce n'est pas très futé de la part...
sirius59 : Voilà en tous cas une démarche qui ne manque pas d'originalité...
QUID : Faudrait peut être remplacer G. PARGNEAUX ?? ses déclarations...
Max : Ce qui se passe est hallucinant! le 1er responsable...