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LILLE

Roch Voisine, l'autre facette

Le sourire carnassier de l'artiste canadien continue de faire chavirer le public féminin. Photo Ludovic Maillard Le sourire carnassier de l'artiste canadien continue de faire chavirer le public féminin. Photo Ludovic Maillard

Fort du succès des deux volumes d'« Americana » où il s'attaque aux standards incontournables de la musique nord américaine, le chanteur passe ce samedi par le Zénith de Lille. Et ne pas s'attendre à ce qu'il entonne « Hélène ».



PROPOS RECUEILLIS PAR PATRICE DEMAILLY > patrice.demailly@nordeclair.fr

Vous attendiez-vous à un tel accueil pour ces deux albums ?


>> Dans ce métier, rien n'est gagné d'avance. Aujourd'hui, les artistes débutants n'ont comme idée que de passer à la télé, devenir des stars, être reconnus dans la rue. Ils oublient l'essentiel c'est-à-dire être en accord avec soi-même et vivre sereinement chaque étape. J'ai pris avant tout beaucoup de plaisir à mener à bien ce projet.

L'aviez-vous en tête depuis longtemps ?
>> Si vous regardez bien le fond de cette musique-là, il y a de nombreuses choses en commun avec ce que je fais depuis toujours. Je pense que cette fois-ci ces sonorités sont plus marketées, précises et mises en avant.
On a pris cette décision, il y a deux ans, avec la maison de disques et on s'est aperçu que les fondements de la musique populaire française avaient beaucoup emprunté aux Américains.

En même temps, vos chansons qui ont marché sur le territoire français sont des chansons plus liées à la variété comme « Tant pis »...
>> Absolument. Si on ne regarde que les morceaux qui marchent, c'est certain qu'ils sont davantage orientés « variété ». La chanson que vous venez de nommer est extraordinaire, mais elle n'a pas tourné du tout au Canada.

Ce sont pourtant les chansons que retient le public...
>> Je suis d'accord avec vous. On me ressort souvent la même liste de chansons. J'ai pourtant vingt-deux albums derrière moi dont dix en français.

En avez-vous souffert de cette étiquette réductrice ?
>> Pas trop puisque je suis retourné chez moi faire autre chose. Cela me fait juste un peu sourire d'être toujours réduit à ça.

Dans les années 90, il y a eu beaucoup de jalousie à votre égard. Comment l'avez-vous vécu ?
>> C'est comme ça partout. Si vous réussissez dans la culture de tomates, vous allez aussi faire des jaloux.

Avez-vous voulu ici casser votre image de chanteur de charme ?
>> Ce n'est pas la nature de ma démarche. La musique d'Americana fait partie de moi et les gens répondent très bien à ce projet. Il est difficile de tout faire accepter à un public, il y a une sélection qui se fait. Mais on n'est pas maître de ça. C'était une occasion en or de montrer un autre côté de moi. Les fans purs et durs le connaissent parce qu'ils possèdent les albums anglophones.

Est-ce difficile d'apporter sa patte sur des chansons entonnées des milliers de fois ?
>> La première question que je me suis posée : pour qui vais-je chanter ? Pour ne pas perdre le public francophone, j'ai choisi des morceaux adaptés dans les années 70 avec lesquels les gens vont s'identifier. Sur deux albums, on ne peut se permettre de ne glisser que des grands standards. Et il n'y en a pas eu des tonnes.

« À la base, je suis un conteur d'histoires qui écrivait
des chansons un peu folks »

Sur certains titres comme « Pretty Woman », vous chantez de manière plus puissante qu'à l'accoutumée.
>> Sur mes albums anglophones, je chante de cette manière. J'ai toujours fait ça, mais pas en France. Encore une fois, c'est un bon véhicule vingt ans après pour essayer de donner une identité plus complète de moi. À la base, je suis un conteur d'histoires qui écrivait des chansons un peu folks.
Et puis, je me retrouve avec ma guitare dans des grandes salles devant des milliers de gens. Le phénomène était pop alors que le fond se voulait folk.

N'était-ce pas un risque de chanter en anglais ?
>> C'est ça qui me surprend le plus dans ce succès.
J'avais peur que les gens n'adhèrent pas à cause de la barrière de la langue.

Vous reprenez Bob Dylan, Neil Young et même Nana Mouskouri. Le grand écart ?
>> Nana est une amie intime. C'est elle qui m'a fait adhérer à l'Unicef. C'est une grande dame de la chanson française. J'ai même interprété un duo avec elle l'an dernier à Montréal.

Ne craignez-vous pas que votre public vous réclame « Hélène » au cours de cette tournée ?
>> Dans les forums sur Internet, personne ne se plaint. De toute façon, j'avais annoncé la couleur dès ma première télé sur TF1. Il n'y aura pas de ménage à trois cette fois-ci.

Allez-vous commenter les jeux Olympiques de Vancouver pour France Télévision ?
>> Ce n'est pas encore officiel. Je suis en pourparlers avec la chaîne. À l'âge de 23 ans, j'étais animateur télé, donc j'ai une petite base.
w


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