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DOUAI

Chantal Goya, toujours là... Et bien là !

L'année dernière à Lille, pour fêter avec ses fans l'anniversaire de Marie-Rose.Photo archives Ludovic Maillard L'année dernière à Lille, pour fêter avec ses fans l'anniversaire de Marie-Rose.Photo archives Ludovic Maillard

Elle est sur tous les fronts. Elle revient au Gayant Expo samedi prochain avec « Happy Birthday Marie-Rose » et des dates pour 2010 sont déjà confirmées. Il y a peu, elle a aussi sorti son autobiographie. Mais où Chantal Goya trouve-t-elle toute cette énergie ?



ISABELLE RAEPSAET > isabelle.raepsaet@nordeclair.fr
« Des gens ne comprennent pas comme je suis passée de Godard à Bécassine. » Avec ce livre, ils comprendront. Chantal Goya se raconte pour ses fans... et fait un pied de nez à ses détracteurs : « On me disait conne, je suis devenue une icône ! », rit-elle.
Dans Des poussières d'étoiles dans les yeux (Flammarion), elle dit tout. Son enfance en Indochine, le retour en France, sa rencontre avec Jean-Jacques Debout. Dans une soirée, alors que c'est la première fois qu'ils se voient, il lui prédit qu'ils vont se marier. « Je sais, Jean-Jacques est spécial », sourit-elle. Et de fait. Un type qui sort acheter une tarte et revient avec... le titre de propriété d'une maison en ruines est spécial. « Il est comme ça. Il me fait rigoler ! » A ses débuts, c'est lui qui la fit chanter C'est bien Bernard le plus veinard. Pas gagné d'avance pourtant: « Je n'y arrivais pas. Les gens dans le studio se marraient. Ils se disaient que je ne ressemblais à personne. Ils trouvaient que j'avais une sacrée personnalité. » Elle confirme : « J'ai bon caractère, mais je suis très indépendante. »


Quarante millions de disques
Du culot, débrouillarde, et une sacrée dose de spontanéité. Un mélange qui plaît. À l'époque de Salut les copains !
, Bernard est un immense succès. Une sacrée époque, quand elle y repense. « C'était l'insouciance, la camaraderie. Tout était possible. » Tout était tellement possible qu'à un Japonais qui lui demande son chemin, elle offre son disque. Le Japonais en question était un gros bonnet de la musique. Et Chantal s'est retrouvée troisième au Japon, derrière... Presley et les Stones. Même insouciance, et chance, quand elle se lance dans le cinéma avec, excusez du peu, Godard. « On n'était pas maquillé, pas de texte, on ne se prenait pas la tête : ça m'allait ! » La vie de Chantal Goya a aussi été une succession de hasards fous qui l'ont fait rencontrer les Beatles. Et, dans un genre différent, Jacques Mesrine. « C'était un copain d'enfance de Jean-Jacques : à 8 ans, ils servaient la messe ensemble ! Il était en cavale, il a frappé à la maison. C'est moi qui ai ouvert. Il est parti... » Et puis Barbara. Un monde les sépare ? Pas du tout. « Elle avait dit que mes chansons dureraient. À chacun de mes spectacles, elle achetait des billets pour les enfants du village où elle habitait et elle les emmenait me voir. » Hasard aussi que la naissance d'Adieu les jolis foulards. Chantal Goya n'est pas encore une chanteuse « jeunesse » quand les Carpentiers appellent Jean-Jacques Debout : il leur manque quelqu'un pour l'un de leurs shows. En 5 minutes il écrit Adieu les jolis foulards. 50.000 lettres arrivent chez les Carpentier qui l'incitent à l'enregistrer. Mais aucune maison de disques ne la signe. À un spectacle, elle rencontre le patron de RCA. Elle lui dit qu'elle a des bandes dont personne ne veut. Lui a le nez plus fin.
S'ensuivront, en tout, 40 millions de disques.

« Je n'ai jamais été
dans le désert »

Le passage à la scène ? Jean-Jacques Debout n'y croyait pas. « Pour lui, la scène, c'est Piaf ! », s'amuse-t-elle. Mais s'il y a un mot qui définit bien Chantal Goya, c'est sans doute la ténacité: « Je teins ça de ma mère. Je fonce tête baissée. » Elle décide donc de prendre le taureau par les cornes et offre un spectacle pour le Variety club. Et ce sont 2.000 enfants qui veulent la voir sur scène. « C'était la première fois, mais je n'avais pas peur. » Jean-Jacques Debout dut bien avouer qu'il y a un don chez sa femme. « Il m'a dit : je sais ce que je vais faire pour toi. » On connaît la suite : La Foret magique, Le Soulier qui vole, La Planète merveilleuse, Le Mystérieux voyage de Marie-Rose. On sait aussi ce qui se passa au Jeu de la vérité. La traversée du désert ? « Je n'ai jamais été dans le désert. J'ai continué, mais ça a été moins médiatisé, c'est tout. » Pas abattue non plus. « J'ai dit à Jean-Jacques : les rats vont partir, on va voir ceux qui restent. » Le retour médiatique s'est peut-être fait grâce à son apparition dans la version filmée de Absolutely Fabulous, sa tournée des boîtes. « Moi qui ne bois pas d'alcool, ne fume pas et me couche tôt », éclate-t-elle de rire. « C'était une récré. Quand on a fait les plus grandes salles, une toute petite boîte, c'est marrant. » L'année dernière, elle était à Lille pour Happy Birthday Marie-Rose. C'est avec ce même spectacle qu'elle revient à Douai.
En 2010, elle tournera avec Le Château hanté. « Ce sont les fans qui ont choisi sur internet », confie-t-elle. Les grands, et les petits...w


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