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ZÉNITH DE LILLE

Marilyn Manson, un ramdam au rabais

Moins de 3 000 spectateurs, hier soir, pour un Marilyn Manson en chute libre. Photo Hubert Van Maele Moins de 3 000 spectateurs, hier soir, pour un Marilyn Manson en chute libre. Photo Hubert Van Maele

Un immense rideau cache la scène. En introduction, une musique menaçante qui se transforme en orage sonique. Sur un plateau embrumé, le voilà qui débarque sur Cruci-fiction in space avec un nouvel accessoire : des gants projetant des lasers rouges en direction de la foule.




Marilyn Manson, affublé d'un teint blafard, de tatouages à n'en plus finir, de marques d'automutilation, ne fait plus peur. La sorcière d'Halloween, haïe par les ligues de vertu américaines, vivote désormais comme elle peut sur le circuit des métalleux. On entend ici et là qu'il va égorger des poussins, brûler des bibles, uriner sur les spectateurs, mimer des actes sexuels. Dans le domaine de la subversion, il a fallu se contenter hier soir de salves de crachats. Des broutilles donc.
Cet art consommé du funambulisme musical peut devenir vite lassant. Les riffs saignants, fers de lance d'une furia assourdissante, appuient le timbre satanique de Marilyn Manson. Et celui-ci a plus d'un râle dans son sac. Entre le défricheur Pretty as Swatiska, le vénéneux Irresponsable hate anthem, le narquois Were'are from America, le cousin de Dracula invite à une danse macabre sur fond de guitares jouées en scies sauteuses, en assauts furax, en lacérations douloureuses. Sans omettre les coups de boutoir d'une rythmique régulièrement en marteau piqueur.


Le mélodieux Devour met un terme au vacarme, la reprise de Sweet Dreams vibre d'une intensité angoissante et The beaufitul people, balancé en rappel, s'achève sur un déluge de confettis blancs. Le tout ramassé en une heure vingt de concert.
L'enfer connaît-il le minimum syndical ?w
PATRICE DEMAILLY


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