Superbus : l'addiction des adolescents
Publié le mardi 17 novembre 2009 à 06h00
En mélangeant pop, sonorités des années 80 et une bonne dose de vitamines, Superbus et ses morceaux acidulés ont trouvé la formule magique pour faire s'agiter les ados sans leur ôter le sourire. Interview de Jennifer Ayache, chanteuse du groupe.
PROPOS RECUEILLIS PAR PATRICE DEMAILLY > patrice.demailly@nordeclair.fr
Peut-on dire que « Lova Lova » est influencé par le son des années 80 ?
>> Sur l'album précédent, Wow, on avait déjà mis des petites touches des années 80. C'est quelque chose qui est dans l'air du temps, beaucoup reviennent à ça. Ce sont des sonorités qui me rappellent mon enfance et font partie de moi.
Vous chantez : « J'additionne les addictions ». Quelles sont les vôtres ?
>> Elles ne sont pas trop nocives. Ce sont plus des obsessions : j'ai notamment tendance à m'accrocher aux gens.
Êtes-vous souvent déçue en amitié ?
>> Pas tant que ça puisque je me lasse aussi vite que je m'accroche. C'est un peu fast-food chez moi.
Quelques titres évoquent les cabarets de nuit. Êtes-vous fascinée par cet univers ?
>> J'aime beaucoup cette esthétique qui mélange vraiment les années 50 avec une imagerie très féminine. Au Crazy Horse, il y a aussi un côté électronique, notamment concernant les lumières et les coupes de cheveux assez graphiques. J'ai essayé de faire des chansons autour et de prendre un peu le rôle de ces danseuses qui vivent de leur corps.
Votre écriture est très basée sur le double sens...
>> Quand on dit les choses clairement en français, ça fait un peu limite. Cela m'amuse de cacher quelque chose dans une phrase. Après, chacun la lit à sa manière. J'écoute de la musique anglo-saxonne et ce n'est pas facile de s'adapter. Je veux que la voix sonne comme un instrument.
Que répondez-vous à vos détracteurs qui vous reprochent des paroles très simplistes ?
>> Je ne peux pas changer les goûts des gens. Si certains ne comprennent pas le délire de Superbus, je ne vais pas les forcer ou me mettre à faire des explications de texte.
Soit on rentre dedans, soit on déteste. De toute façon, il n'y a jamais eu de juste milieu avec nous.
Vous parlez de délire. Est-ce le propre du groupe ?
>> C'est notre touche depuis le début. On essaie de créer des ambiances, de changer de rôle.
« L'imagerie d'un groupe,
c'est 50 % »
Comment en êtes-vous venue à écrire une chanson pour Christophe Willem ?
>> Cela s'est fait naturellement. J'avais écrit une chanson initialement pour Superbus, mais je trouvais qu'elle ressemblait beaucoup à ce que pouvait faire Christophe Willem, c'est-à-dire chanter très haut. Quelque temps après, j'ai appris qu'il voulait travailler avec nous, je lui ai donc proposé la chanson.
Est-ce difficile d'être une femme qui dirige des hommes ?
>> Je ne me vois pas dans cette position-là. Superbus, c'est plus une famille. Chacun s'occupe de choses bien précises. J'amène les chansons, les visuels, mais tous les membres restent des piliers.
Vous êtes allée plus loin que les rapports familiaux (elle est sortie longtemps avec Patrice Focone, guitariste du groupe, ndlr)...
>> Cela peut devenir compliqué à gérer parce que le groupe prend toute notre vie. On passe tous par des étapes, mais tout va bien maintenant.
Cultivez-vous votre look?
>> L'imagerie d'un groupe, c'est 50 %. Je suis une dingue des fringues, de la mode, de la photo, du cinéma.
À quoi peut-on s'attendre visuellement au niveau du show ?
>> Il y a de très jolies lumières. On a essayé de recréer un cabaret géant avec des néons, des barres de strip-tease, des escaliers.
Votre mère (Chantal Lauby, ndlr) est-elle fière de votre réussite ?
>> Bien sûr. Elle vient nous voir quand on joue à Paris. On ne fait pas le même métier, elle a donc un oeil extérieur. Moi aussi, je suis fière d'elle, je suis une vraie fan des Nuls.
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