Eloi, Baba : regards croisés sur Mali mali
Publié le samedi 07 novembre 2009 à 11h09
L'un est Tournaisien, maestro de fanfare. L'autre est Malien, griot. Deux humains musiciens avant tout, sur la même longueur d'onde.PROPOS RECUEILLIS PAR ISABELLEHODEY
Baba, vous vivez en Italie, comment avez-vous entendu parler de la fanfare d'Éloi ?
>>Baba Sissoko : C'est « Excellence » (comprenez Frédéric Mariage, de la maison de la culture de Tournai, ndlr). C'est lui qui a créé tout cela. Je venais faire des stages une fois par an sur la culture musicale malienne à Tounai. Il m'a dit qu'il y avait une fanfare dans son village, et m'a donné la possibilité de venir l'écouter sur la Grand Place un matin en 2004. Quand je suis arrivé, c'était très beau. Je ne connaissais pas Eloi avant.
>>Éloi Baudimont : On s'était juste croisés.
>><EN>Baba Sissoko : J'ai sorti mon tama (tambour parleur, ndlr) et je suis venu improviser comme ça. Éloi a tourné la tête, m'a regardé... et a continué à diriger. Je n'avais jamais joué avec une fanfare avant.
D'où vient cette envie de travailler ensemble ?
>>Baba Sissoko : « Excellence » m'a ditque la fanfare allait enregistrer un disque et qu'elle allait m'inviter. C'est ça non?
Éloi Baudimont : Quand on a enregistré le disque, Baba est venu avec nous. On jouait le répertoire de la fanfare et il a greffé son tama et son n'goni (guitare, ndlr). C'était chouette. Il y a eu une belle rencontre musicale, mais aussi humaine. Baba m'a dit: je me suis mis sur votre répertoire mais est-ce qu'on ne ferait pas l'inverse?
>>Baba Sissoko : J'ai beaucoup aimé comment Éloi fait. Il a beaucoup d'énergie. Donc j'ai imaginé mes textes arrangés par lui. Et Éloi a dit : je suis à ta disposition.
>>Éloi Baudimont : Baba m'a donné tous ses disques et m'a dit : fais comme toi tu veux. Je l'ai fait avec ma culture européenne, ça ne changeait rien, il y avait juste un musicien de plus dans la fanfare : c'était Baba. J'ai senti qu'il me faisait confiance. Je n'ai jamais eu peur de ce qu'il allait penser. Il m'a dit : on le fait...
>>Baba Sissoko : Et on l'a fait !
Baba, cela ne vous faisait pas peur de travailler avec des amateurs ?
>>Baba Sissoko : Pas du tout. Si quelqu'un se trompe, Éloi corrige, et il apprend. La musique, elle est à qui sent la musique.
>>Éloi Baudimont : Amateur, professionnel : c'est une vision européenne de la musique. En Afrique, on joue de la musique, point. Je pense que ce que Baba a trouvé avec nous, c'est un peu la façon dont on fait la musique en Afrique : le côté famille est aussi important que la musique. C'est parce qu'on est ensemble qu'on fait de la musique et non l'inverse. Ici, on est un peu comme dans la cour chez son père...
>>Baba Sissoko : C'est ça, on est une famille ouverte.
Et puis, il y a eu la création du spectacle et la tournée, de Tournai en mai 2007 à Bamako en février 2009. C'était important, les dates au Mali ?
>>Éloi Baudimont : Le fait de jouer en Belgique, c'était déjà pour nous une chance. On a créé ce spectacle à la maison de la Culture à Tournai, mais on ne savait pas si on aurait encore la possibilité de le jouer. Puis Baba nous a dit : il faut qu'on aille le jouer au Mali. Ça a été une grosse préparation, mais nos efforts ont été récompensés par ce que l'on a vécu là-bas.
>>Baba Sissoko : On a vu que ça a plu ici. Cela nous a donné la confirmation que cela peut marcher partout dans le monde. On a voulu faire découvrir aux Maliens que cette possibilité existe de collaborer entre cultures, que c'est pas compliqué.
>>Éloi Baudimont : Et puis, il n'y avait pas que les concerts au Mali, il y avait aussi le fait d'être ensemble au Mali. Cette fois, c'est nous qui allions à la rencontre de la culture malienne, alors que le plus souvent, c'est Baba qui vient vers nous.
Vous avez chacun d'autres activités à côté. Quelle place occupe Mali mali dans tout cela ?
>>Baba Sissoko : Une place naturelle. Ce n'est pas tous les jours, mais quand cela se fait, on est là à100 %. Je respecte toujours les dates de Mali mali, car ce n'est pas le projet d'une mais de cent personnes. Chaque fois, je suis à100% à disposition.
>>Éloi Baudimont : Pareil !
Quel avenir voyez-vous pour Mali mali ?
>>Éloi Baudimont : On parle beaucoup d'un concert en région parisienne pour 2011. Ça continue. On espère toujours avec la possibilité de partager cela avec des gens.
>>Baba Sissoko : Moi, je rêve d'un Mali mali avec les enfants du monde! Ça, un jour on va le faire. On attend seulement le moment. On est au début de la route, on continue le voyage. Il ne faut pas perdre Mali mali.


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jsr : Je suis d'accord avec vous.
Noob : En tous cas, comme il s'agit d'une prof de lettres,...
jeanjean59 : je suis d'accord avec toi ! mais là on ne parle...
jeanjean59 : je suis d'accord avec toi, mais là on ne parle...