De Tournai à Lille via Bamako
Publié le samedi 07 novembre 2009 à 10h46
C'est un vrai coup de cur. Bien plus qu'un projet musical. Un projet qui bannit les frontières entre les humains. Mali mali est une aventure entamée il y a cinq ans. Elle arrive ce soir à Lille. Pourquoi il faut y aller...ISABELLE HODEY>> isabelle.hodey@nordeclair.fr
Il est des projets qu'aucun dossier de presse ne saurait résumer. Tout simplement parce qu'ils touchent à quelque chose d'impalpable, de fragile. L'humain. Mali mali est de ceux-là et le spectacle qui sera proposé ce soir à 20 h au Nouveau Siècle en est le reflet.
Feuilletons donc le dossier de presse imaginaire de Mali mali. D'emblée, il ne laisse pas indifférent. Il est question de la rencontre entre un griot malien, Baba Sissoko, et une fanfare belge dirigée par un Tournaisien, Éloi Baudimont. Les belles chansons du premier arrangées par le second. Des spectacles donnés de Tournai à Bamako. Un bel exemple d'échange culturel qui passe par la musique, dont le langage est, chacun le sait, universel. Une belle rencontre musicale, assurément (lire en dernière page l'interview croisée).
Une place pour chacun
Et puis il y a la fanfare et le chur. Toniques. Pratiquement que des amateurs. Éloi Baudimont y tient, car pour lui chacun a sa place, les amateurs comme les autres. S'il y a un message qu'il veut faire passer, c'est bien celui-là. Si on prend le temps, chacun trouve sa place dans un projet comme celui-là. et chacun est aussi important que Baba ou Éloi dans l'aventure... grâce aux talents de pédagogue d'Éloi tout de même !
Et d'où viennent-ils, ces musiciens et ces choristes ? D'horizons très divers. Par leur métier. Par leur âge (toutes les générations sont présentes). La plupart sont belges, mais certains une dizaine sont nordistes (lire page II). Pour eux, passer la frontière pour participer aux ateliers de la Maison de la Culture de Tournai ou jouer dans une fanfare belge est on ne peut plus naturel. L'Europe se construit aussi comme cela.
Un échange culturel. Une dimension transfrontalière. Refermons là le dossier de presse virtuel. Car l'essentiel, vous l'aurez deviné, est ailleurs. Un tel projet ne résisterait pas à l'usure du temps sinon. Voilà cinq ans que ça dure (voir l'historique en images en page III) et la motivation des Mali maliens, comme ils s'appellent, est intacte. Quelle est donc la magie de Mali mali ?
Poussons la porte des répétitions. Et là, on est d'emblée frappés par une chose : les sourires. Quand il dirige, le maestro saute, danse, grimace parfois, mais surtout... il sourit. Quand il chante, Baba sourit. Quand ils parlent avec vous, les musiciens sourient. Heureux d'être ensemble.
Car au fil des ans, tous les Mali maliens vous le diront, des liens se sont tissés qui vont bien au-delà de la musique. Un terme revient souvent : famille. On partage bien plus qu'une partition (qui au passage porte encore les stigmates du Mali : les moustiques!). On partage aussi les repas avec leurs lots d'éclats de rire ces moments-là sont magnifiques, dit à juste titre Baba Sissoko.
Et puis, on partage aussi tous les efforts qui ont été consentis pour en arriver là. L'organisation des réveillons pour récolter des fonds et financer le voyage africain en est un exemple. Le voyage au Mali au paiement duquel chacun a participé en fonction de ses moyens pour faire tomber une autre frontière,sociale celle-là a encore renforcé les liens.
Tout ce vécu commun, forcément, se ressent sur scène. Cette énergie, cette émotion aussi, cette volonté de partager leur aventure avec le public, ce soir au Nouveau Siècle. Tout cela peut se résumer en un mot: le cur. Et c'est tout simplement beau.


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jsr : Je suis d'accord avec vous.
Noob : En tous cas, comme il s'agit d'une prof de lettres,...
jeanjean59 : je suis d'accord avec toi ! mais là on ne parle...
jeanjean59 : je suis d'accord avec toi, mais là on ne parle...