Mylène Farmer sur un piédestal
Publié le mardi 26 mai 2009 à 06h00
Mylène Farmer continue à susciter le fantasme et à déchaîner les passions. Au Zénith de Toulouse où elle s'est arrêtée quatre soirs, l'icône a offert un show puissant et visuellement époustouflant. Elle sera dans quelques semaines à Gayant Expo à Douai.
PATRICE DEMAILLY, ENVOYÉ SPÉCIAL À TOULOUSE > patrice.demailly@nordeclair.fr
Sur l'écran géant, un oeil qui clignote avant de disparaître. Des battements de coeur se font entendre. Tension palpable. Garçons sensibles au bord de l'évanouissement. L'oeil à nouveau. Ou plutôt la pupille de l'artiste. Qui soudain s'embrase.
La voilà, enfin, trônant au sommet d'un escalier, tenue moulante rouge sang signée Jean-Paul Gaultier. Mylène Farmer rayonne, chignon orné de croix christiques un brin provocantes. Un modelage de l'image qui n'en finit pas de relever clairement du domaine de la séduction. Deux immenses squelettes l'entourent. En fond de scène, une bibliothèque remplie de mannequins nus. Titre d'ouverture ? Paradis inanimé, choix contestable pour entamer les retrouvailles.
Comme les Rolling Stones, Johnny Hallyday ou Madonna, Mylène Farmer n'a plus rien à prouver. Elle revient donc uniquement pour rappeler qu'elle reste la maîtresse de son genre, que personne ne peut la menacer. De quel genre s'agit-il ? Du grand spectacle porté par des décors, des costumes - six au total -, des effets spéciaux (lasers, pyrotechnie, écrans démultipliés...). Une grosse artillerie qui atteint ici son paroxysme avec des connotations morbides et évidemment sexuelles. On la voit s'agenouiller au pied d'un de ses guitaristes et feindre la caresse. On la voit aussi multiplier de sportives chorégraphies. La diva, insolente de vitalité à 48 ans, assure et echaîne tel un rouleau compresseur. Dix-huit chansons figurent à ce menu quasiment immuable. Une bonne partie du dernier album, l'autre étant constituée de tubes souvent transfigurés par une flagrance électro ou de raretés bien senties (A quoi je sers, Nous souviendrons-nous). Pas de place curieusement pour les titres des excellents opus Avant que l'ombre et Innamoramento.
Au milieu du show, l'indéboulonnable séquence émotionnelle où sanglots et filet de voix au bord de la rupture semblent sur commande dicter l'humeur mélancolique (Rêver, Ainsi sois-je). Yvan Cassar, repérable pour sa chevelure à la Pollux, l'accompagne au piano au cours de cet instant tire-larmes. L'icône ne communique presque pas verbalement avec son public. Entre lui et elle, un langage codé. Impénétrable. Par intermittence, elle le sollicite seulement pour un refrain. « Vous voulez bien le chanter pour moi ? ». Culottée dans la démesure, Mylène Farmer décline également sa recette forgée à la fois sur le secret et le mystère.
La fièvre monte encore d'un cran quand surgissent des danseurs en tutu et retentissent les intouchables Libertine et Sans contrefaçon. Plus question de s'avachir sur son siège. Du pur délire enfin sur Dégénération, Désenchantée et C'est dans l'air, tunnel endiablé constituant ce que la chanteuse a de mieux à offrir. C'est là qu'elle atteint des moments d'intensité réelle, c'est là qu'elle mène toute une foule à la baguette. Ne pas s'attendre à un rappel. Les dernières notes de Si j'avais au moins s'égrènent. La silhouette de Mylène Farmer se fait désormais lointaine, happée par des laves ténébreuses. Pour entrer définitivement dans la légende.


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citospopulos : Pour ma part je pense qu'l y a toujours des personnes...
citospopulos : oui pour une nouvelle forme de police de proximité...
jeanjean59 : message pour Claire : Bravo pour votre "enfarinage"...