Oasis donne encore soif
Publié le samedi 31 janvier 2009 à 06h00
Le passé définitivement liquidé, Oasis n'assure plus que le service minimum. Comme hier au Zénith de Lille où le groupe anglais s'est contenté passivement d'aligner des chansons sans âme. Au grand dam des 7 000 spectateurs.
PATRICE DEMAILLY > patrice.demailly@nordeclair.fr
Là, plus question de fanfaronner comme aux temps bénis de la prodigalité. Oasis a changé de statut. Ce n'est plus qu'un groupe commun, assez ennuyeux, incapable de sortir du lot, adepte aujourd'hui des prestations transparentes.
Liam Gallagher, chanteur arrogant, a beau avoir conservé son regard morveux, on ne lui pardonne plus de cultiver à outrance cette distance qu'il a pourtant toujours brandie. Hormis cette horrible manie d'avaler à pleine bouche son micro, cette tête à claques est tellement peu concernée qu'on lui suggère une reconversion rapide. Lui et ses acolytes peinent à joindre les deux bouts de chansons. À chaque introduction de titre, on se met pourtant à espérer le grand départ vers l'inconnu, vers une véritable audace musicale. Seulement, il n'y a pas de vigueur nouvelle, pas d'envie d'en découdre et encore moins de plaisir d'être là. Et puisque les morceaux du dernier opus (Dig out your soul) ne sont pas franchement mémorables, un grand ménage s'impose. Trop de chansons ont le goût d'un yaourt tiède. Les Anglais s'entêtent à plaquer maladroitement une batterie martiale et surtout des guitares cache-misère, à la fois grossières et obscènes, indignes de leurs mélodies d'antan. Ce sont elles ( Wonderwall, Don't look back in anger, Champagne Supernova...) servies en fin de concert qui nous sortent épisodiquement d'un triste ronronnement.
Oasis hier soir laissé pour mort, reste son fantôme, perdu dans le jeu dangereux des miroirs, se débattant entre les glorieuses étincelles d'orgueil et le désir viscéral de cachetonner. Sales gosses.







