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Stéphan Rizon, la voix de l'avenir ?

Publié le 10/06/2012 à 00h00

RENCONTRE Le lauréat de « The Voice », qui a coiffé sur le poteau les favoris Louis Delort et Al.Hy, a fini l'émission en trombe et déjoué les pronostics.

Stéphan Rizon, la voix de l'avenir ?
RENCONTRE Le lauréat de « The Voice », qui a coiffé sur le poteau les favoris Louis Delort et Al.Hy, a fini l'émission en trombe et déjoué les pronostics.



PROPOS RECUEILLIS PAR PATRICE DEMAILLY > patrice.demailly@nordeclair.fr


Vous aviez gagné par le passé les rencontres d'Astaffort initiées par Francis Cabrel ainsi que le concours de chant organisé par France Bleu.
Pourquoi avoir néanmoins participé à l'émission ?

>> Les rencontres d'Astaffort, c'est très bien en guise de déclencheur.
Maintenant - et je ne pense pas que ce soit la démarche de Francis - cela n'aura jamais la puissance de lancement d'une émission comme The Voice . J'y ai participé pour plusieurs raisons, la principale étant la mise en lumière de mes compositions et des six titres que j'ai auto-produits.
Ensuite, un directeur artistique d'Universal m'a abordé en disant que c'était fait pour moi. Au départ, j'ai refusé parce que je croyais qu'il y avait l'aspect intrusif comme dans la Star Ac'. En me renseignant sur les versions hollandaise et américaine, je me suis rendu compte que c'était très qualitatif et que cela respectait l'univers de chaque candidat.

Aucun regret, on imagine ?
>> C'est très formateur et éprouvant. Mais, au final, on en ressort grandi.
On m'a dit que ce serait un accélérateur. La rapidité ne me dérangeait pas, dans la mesure où j'avais déjà mes chansons et que je savais où je voulais aller. Je n'aurais pas fait l'émission sur un coup de tête. Tout était pensé.

Et pourtant, vous avez failli passer à la trappe dès la première audition...
>> Elle était particulière.
Je suis arrivé avec mes acquis. Mais c'était pour moi un monde nouveau. La scène et la télé, cela n'a rien à voir. En plus, je ne m'entendais pas très bien.
Quand TF1 a envoyé l'audition avant qu'elle n'apparaisse à la télévision, je me suis dit en me regardant que je n'allais pas faire long feu. Il y a juste un sursaut à la fin de la chanson. Mais sinon, je m'étais auto-bridé. C'est une prestation qui m'a permis d'apprendre sur moi-même.

Ce regard coquin en biais et ce déhanché singulier sont-ils travaillés ?
>> Du tout. Avant, j'ai fait des études de droit et je n'ai pas, contrairement à certains talents, cette culture de la scène depuis ma plus tendre enfance. En revanche, j'ai toujours adoré le théâtre. Quant au sourire, il m'a toujours accompagné. Sur scène, j'aime établir le contact avec les gens. Je suis assez généreux.

Vous n'avez montré votre véritable facette que dans la dernière ligne droite.
>> Je savais que si je réussissais à me libérer, les gens allaient véritablement faire connaissance avec moi. C'est arrivé quand j'ai chanté en demi-finale With a little help from my friends des Beatles dans la version de Joe Cocker.

Pensiez-vous à la victoire ?
>> Je m'en fichais. Et je ne le dis pas maintenant que j'ai gagné. Je voulais juste être médiatisé pour faire l'album dont j'avais envie. En ce sens, arriver en finale était déjà positif pour moi.

Comment avez-vous vécu le fait que vous n'étiez pour beaucoup qu'un outsider ?
>> Effectivement, certains médias disaient cela mais ce n'est qu'un microcosme. La France est composée de millions de personnes et tout le monde ne va pas sur Twitter ou Facebook. Et puis, certains supports plus discrets faisaient de moi leur favori. Je pense aussi que j'ai un public assez transversal et cela m'a ravi.

Quel accueil avez-vous reçu chez vous à Agen ?
>> Quand je suis allé dans le centre-ville, les gens en terrasse se sont mis à applaudir. J'étais mal, je ne savais pas où me mettre (rires). Pendant l'émission, on était isolé et on passait beaucoup de temps à l'hôtel pour travailler les chansons. On n'avait pas trop conscience de notre notoriété.

Louis Delort estimait que vous méritiez de l'emporter. Fidèle à l'état d'esprit général ?
>> Ce qui nous unit avec Louis est un peu plus particulier. On partage des choses sur le plan personnel assez intenses. Je l'ai connu quand il avait 15 ans. Mais c'est vrai que durant cette aventure, on s'est tous superbement entendus. Il n'y avait pas d'esprit de compétition exacerbé.

Florent Pagny était cash avec vous. Était-il le coach qu'il vous fallait ?
>> Il était brut de décoffrage et ne tournait pas autour du pot. Ce sont des rapports que j'aime. Florent est franc mais aussi très sensible. Après, il ne le montre pas forcément. Je m'en suis aperçu dès le premier prime quand j'ai chanté Over the rainbow. Il m'a laissé faire la version de Judy Garland. Quand on était au piano au cours des répétitions, il avait les larmes aux yeux. Florent croyait beaucoup en moi et il pouvait être décontenancé quand j'étais inhibé au début.

Est-ce essentiel pour vous d'à la fois écrire les textes et de composer ?
>> Complètement. Sans ça, je ne peux pas chanter. C'est non négociable (rires).

Une date est-elle déjà prévue pour votre album ?
>> A priori, un single pour septembre et la sortie de l'album dans les semaines qui suivent.

Dans quel genre ?
>> Pop groove. Parmi mes influences, il y a Nina Simone, Barbara, Brel... Ce qu'il y a de particulier, c'est que je suis métis et que ma musique le sera aussi. Je ne vais pas m'empêcher d'avoir des textes très chiadés en français, des moments plus lyriques, d'autres assez blues. Il y aura des chansons en français et en anglais.

On a pu voir que votre mère a un sacré tempérament. Avez-vous une relation fusionnelle avec elle ?
>> On est vraiment très proches. Elle est incroyable et il faut parfois que je la calme. Quand elle était devant les caméras, elle coupait même la parole à Florent Pagny. Elle n'a peur de rien (rires).w

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