sorties disques - rencontres

La crème du pop-rock a 50 ans

Publié le 06/06/2012 à 00h00

Si les Beach Boys célèbrent leurs 50 ans de carrière avec un nouvel album, c'est toute une génération pop-rock qui fête son demi-siècle cette année, le millésime 1962 ayant également vu émerger des monstres sacrés comme les Rolling Stones, les Beatles et Bob Dylan.

La crème du pop-rock a 50 ans
Si les Beach Boys célèbrent leurs 50 ans de carrière avec un nouvel album, c'est toute une génération pop-rock qui fête son demi-siècle cette année, le millésime 1962 ayant également vu émerger des monstres sacrés comme les Rolling Stones, les Beatles et Bob Dylan.



Pourquoi une telle explosion créative au début des années 60 ? L'une des réponses est sans doute l'entrée dans l'âge adulte de la génération des baby-boomers, bien décidés à profiter des nouvelles libertés - culturelle, financière et sexuelle - offertes par un Occident en pleine expansion. « Il y avait des garçons blancs intéressés par une musique noire qui transcendait les frontières raciales, et il y avait des maisons de disques qui avaient repéré ces marchés de niches pour un éventuel public », explique le professeur Toby Miller, de l'Université de Californie à Riverside.
Des icônes musicales ayant émergé en 1962, les plus importantes sont sans doute les Beatles, les « Fab Four » de Liverpool. Leur premier single, Love Me Do, sort cette année-là, déclenchant immédiatement une « Beatlemania » qui ne tardera pas à franchir l'Atlantique. Malgré leur séparation à la fin des années 60, les Beatles ont influencé des générations de musiciens et leurs chansons sont restées parmi les plus populaires de tous les temps.


À la même époque, les Rolling Stones, plus provocants, se font également une place sur la scène londonienne, emmenés par leur flamboyant leader Mick Jagger, avant de s'imposer eux aussi aux États-Unis. Leur demi-siècle de carrière a enchaîné des hauts et des bas, ainsi que des changements dans la composition du groupe. Mais les Rolling Stones ont résisté au temps...
Aux États-Unis aussi, l'année 1962 fut un millésime exceptionnel, avec l'apparition des Beach Boys sur la côte ouest et de Bob Dylan sur la côte est.

Les « Good vibrations »
des Beach Boys

Les Californiens, dont le nouvel album est sorti hier, ont créé leur groupe en 1961, mais leur contrat avec Capitol Records a été signé l'année suivante. La liste de leurs tubes est longue, de Good Vibrations à California Girls, et l'album Pet Sounds (1966) est l'un des plus importants du siècle. La drogue, des problèmes de santé et des conflits internes éloigneront cependant les cinq compères de la scène musicale pendant de longues années, avant leurs retrouvailles à Los Angeles aux Grammy Awards, en février dernier.
Bob Dylan, dont le premier album éponyme est sorti en mars 1962 chez Capitol Records, a lui aussi connu une carrière en dents de scie, mais il est définitivement entré au Panthéon de la culture américaine la semaine dernière, en se voyant remettre par le président Barack Obama la Médaille de la Liberté, la plus haute récompense civile aux États-Unis.

Consensus culturel
Une telle floraison de talents en un court laps de temps n'est pas si fréquente dans l'histoire de la musique pop. Le professeur Robert Thompson, du Centre Bleier pour la télévision et la culture populaire à l'Université Syracuse de New York, évoque la naissance de la chaîne MTV en 1981, qui a accompagné l'émergence de stars mondiales comme Michael Jackson et Madonna.
Aujourd'hui, il serait difficile, selon lui, de connaître le même phénomène, à cause de la « fragmentation » de l'écoute. Alors que dans les années 60, tout le monde regardait les Beatles à la télévision dans le programme d'Ed Sullivan, internet propose aujourd'hui une offre musicale illimitée et à la demande. « Les années 60 constituent le summum du consensus culturel, et cela n'existe plus aujourd'hui. Même parmi mes étudiants, qui ont entre 18 et 21 ans, je serais bien en mal de trouver une chanson que chacun aurait sur son iPod », sourit-il.w

Nord Éclair